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DANS L’ACTU – Associations, députés et personnalités publiques réclament une loi pour l’interdiction de l’exploitation des animaux sauvages dans les cirques. Un débat toujours d’actualité en France alors que de très nombreux pays ont sauté le pas à travers le monde.

La France sera-t-elle le 21e pays européen à interdire totalement les animaux sauvages dans les cirques ? C’est en tout cas le souhait de 67 % des Français sondés par l’institut Ifop, en 2018, pour Fondation 30 millions d’amis. Alors que le ministre de l’Agriculture et de la Transition écologique François de Rugy étudie actuellement la question, une trentaine de personnalités publiques, de représentants associatifs et de députés, tous bords confondus, ont demandé à ce que cesse l’exploitation des animaux sauvages dans les cirques.

Une loi pour les animaux

Via une tribune vidéo, Claire O’Petit, Cédric Villani, François Ruffin, Aymeric Caron, Hélène de Fougerolles et d’autres appellent à une mobilisation générale et pacifique autour des cirques, des mairies, des préfectures, et à ce qu’une loi soit définitivement votée.

Les arguments mis en avant par les auteurs de cette tribune sont bien évidemment la maltraitance, les conditions de dressage et de détention de ces animaux sauvages, inadaptées par nature (nuisances sonores, olfactives, thermiques, liées aux transports, etc.). « Pour une heure de spectacle, des animaux sont emprisonnés à vie », rappelle le philosophe Frédéric Lenoir.

De plus en plus d’interdictions

La loi du 28 janvier 2015, reconnaissant les animaux comme des êtres vivants doués de sensibilité, a permis une prise de conscience collective plus large en France. 55 % des Français souhaitaient d’ailleurs que la cause animale occupe une place prépondérante dans le Grand débat national organisé par le gouvernement. Parmi les sujets évoqués : l’euthanasie d’animaux (pourtant en bonne santé) dans les zoos (2 000 euthanasies en Europe en 2018), l’abattage sur les lieux d’élevage, l’expérimentation animale, et, donc, l’exploitation des animaux dans les cirques…

Si l’on compte près de 900 cirques en Europe et plus de 10 000 animaux sauvages dans leurs ménageries, de plus en plus de pays européens interdisent l’exploitation des animaux sous les chapiteaux. Ils sont 20 aujourd’hui, parmi lesquels l’Autriche, l’Italie, le Portugal ou encore la Suède. Si la France n’a pas encore légiféré sur le sujet, près de 400 communes ont déjà signé des arrêtés interdisant l’accueil des cirques avec animaux sauvages, comme Ajaccio, Dijon ou Valence.

Pays interdisant totalement les animaux sauvages dans les cirques :
Autriche, Belgique, Bolivie, Bulgarie, Chypre, Costa Rica, Croatie, Danemark, Estonie, Finlande, Grèce, Guatemala, Hongrie, Inde, Irlande, Israël, Italie, Lettonie, Liban, Malte, Mexique, Pays-Bas, Pérou, Portugal, Roumanie, Singapour, Slovénie, Suède.

Un chapiteau sans animaux, ça donne quoi ?

Le cirque traditionnel avec animaux sauvages est bel et bien amené à disparaître. Ce qui pourrait entraîner « la mort du métier » selon Glibert Grüss qui avançait, dans les colonnes du Figaro en 2017, l’argument qu’ « en France, [cette même année], 11 millions de personnes, un chiffre en augmentation, [avaient assisté] à un spectacle de cirque traditionnel contre 1 million pour un cirque de plume sans animaux ».

Pourtant, certains grands circassiens tels que Pinder ou encore Joseph Bouglione ont opéré le changement. Ces derniers misent dorénavant sur le cirque contemporain, qui met davantage l’accent sur l’aspect créatif et artistique des numéros 100 % humains. Le cirque Phénix, installé sur la pelouse de Reuilly (Paris 12e), a quant à lui remplacé les animaux par des marionnettes.

Enfin, en Allemagne, le cirque Roncalli propose une alternative aussi étonnante qu’innovante. Grâce à des hologrammes de fauves, de chimpanzés et autres pachydermes, le public peut apercevoir des animaux sauvages, sans que ceux-ci soient exploités. Le résultat est bluffant.



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