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DANS L’ ACTU – Dans le cadre du grand débat national, les équipes du Secours catholique ont recueilli la parole de personnes en situation de grande pauvreté à travers 60 départements. Et si leurs propositions pouvaient contribuer à changer le système ?

150 débats locaux à travers la France… 3 000 participants et près de 800 pages de transcriptions qui seront remises au gouvernement à la fin de la semaine… C’est le bilan de la consultation lancée par le Secours catholique pendant deux mois. Cette contribution au grand débat national s’appuie sur les témoignages et les besoins de ceux qui vivent au quotidien sous le seuil de pauvreté. Logement, emploi, minimas sociaux, fiscalité, transition écologique, de nombreux sujets ont été abordés, avec une grande ouverture.

Si la lutte contre les inégalités est au cœur de l’action du Secours catholique, la parole libérée a permis de cerner les raisons multiples de la grande précarité. “Nous avons été frappé à la fois par la violence de la défiance des gens envers les dirigeants, mais aussi par la vitalité de leurs propositions pour améliorer les choses“, souligne Jean Merkaert, directeur action plaidoyer France Europe au Secours catholique. Les personnes interrogées pointent surtout la nécessité d’un changement en profondeur pour mettre fin aux inégalités en France, le 5ème pays le plus riche du monde. “On est dans un système qui nous mène dans le mur “, peut-on lire dans le document de synthèse.

Des propositions audacieuses pour l’écologie

Les plus précaires n’ont pas toujours les moyens de se passer de voiture ou d’en changer pour préserver la planète. Comment en effet trouver un emploi, avoir accès à la santé, aux services publics, sans pouvoir se déplacer ? L’auto-partage, la gratuité des transports en commun existent déjà dans certaines villes, alors pourquoi ne pas étendre ces solutions ? Une des demandes exprimées touche ainsi aux alternatives à la voiture individuelle. Un enjeu de société à la fois pour l’environnement, mais aussi pour mettre fin à l’isolement des plus précaires.

Le gaspillage est aussi au centre des préoccupations de ceux qui vivent des privations au quotidien : “L’aspiration à sortir de la société de l’hyperconsommation est forte. Il n’est plus supportable pour les plus pauvres de voir des tonnes de biens et de produits finir à la poubelle quand ils pourraient être réutilisés ou réparés“, poursuit Jean Merkaert.

Un besoin fort de justice fiscale et sociale

Les témoignages recueillis mettent aussi en lumière la déshumanisation du travail et l’augmentation de la précarité. “Beaucoup de personnes en CDD et à temps partiels, ils n’y arrivent pas », « On constate que des personnes ne peuvent plus vivre de leur travail. Il y en a de plus en plus », « Ce n’est pas normal que les gens ne puissent pas vivre de leur travail »

Autre sujet majeur, le fort besoin de justice fiscale, avec une meilleure progressivité de l’impôt et une demande de régulation de la finance, pour une meilleure répartition des richesses au sein des entreprises. La consultation des Français les plus précaires a permis aujourd’hui de faire évoluer la stratégie de plaidoyer de l’association.

Nous sommes invités à aller plus loin sur certains sujets. Cela nous encourage aussi à nous impliquer pour créer un système économique et social plus inclusif et durable, mais aussi sur la transition écologique ou les écarts de revenus entre les salariés et les dirigeants d’entreprises“, conclut le directeur de plaidoyer du Secours catholique Jean Merkaert.


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