AU CINE – Le film Les Invisibles raconte, avec humour et justesse, le chemin de résilience de femmes SDF dans un centre d’accueil des Hauts-de-France.

Des travailleuses sociales dévouées se heurtent aux limites du système pendant que des femmes sans-abri, blessées par la vie, tentent de se reconstruire. Leurs histoires s’entremêlent dans cette comédie sociale réalisée par Louis-Julien Petit. Après Discount, qui traitait déjà le sujet de la précarité et de la résilience, le réalisateur signe un film où les femmes illuminent l’écran à la fois par leur force et leur vulnérabilité. Le cinéaste, touché par un documentaire sur les femmes SDF diffusé en 2014 , Femmes invisibles, survivre à la rue, a décidé de s’en inspirer pour créer ce film aussi drôle qu’émouvant pour témoigner d’une réalité : 40 % des SDF sont des femmes. Des femmes invisibles, car elles se cachent pour fuir la violence de la rue.

J’ai eu envie de faire un film solaire et porteur d’espoir dont le cœur serait le groupe, la cohésion et l’entraide face à l’adversité“, explique le réalisateur. Le spectateur est plongé dans des situations très réalistes et très émouvantes. Un justesse qui s’explique par le jeu des comédiennes Audrey Lamy et Corinne Masiero qui campent deux travailleuses sociales, aux côtés de femmes SDF qui jouent leur propre rôle. On découvre le quotidien d’un centre d’accueil de jour, L’envol, menacé de fermeture par des autorités obsédées par les chiffres. Face à l’adversité, ces femmes vont apprendre à reprendre confiance en elles et à se libérer de la honte et de la culpabilité grâce à foi inébranlable des travailleuses sociales.

Un film de combattantes

Je souhaitais tourner avec des actrices non professionnelles
pour les rôles de femmes SDF. Nous nous étions fixés d’en trouver une cinquantaine qui avaient connu la rue, des ex-SDF désormais « stabilisées »
ou des femmes vivant en foyer d’accueil”,
témoigne le réalisateur. Plus de 150 femmes ont été auditionné pour participer au film. Sur le tournage, tout a été fait pour mettre à l’aise ces non-actrices.

J’ai le sentiment que le film a permis à chacune de ces femmes d’avancer. À la fin du tournage, elles n’étaient plus les mêmes : avoir fait partie d’une équipe, avoir pris conscience qu’elles étaient indispensables, avoir été rémunérées, avoir pu se livrer, avoir été regardées, avoir été aimées… Tout cela les a transformées”, poursuit le réalisateur.

L’expérience a été très forte pour l’actrice Corinne Masiero, qui a connu la rue et la prostitution dans sa jeunesse avant d’être “sauvée” par le théâtre, dont elle a fait son métier. Elle se félicite de jouer dans un film qui évite tout misérabilisme : “L’humour est l’arme la plus efficace des gens en galère. C’est leur meilleure béquille pour atteindre la résilience“, explique-t-elle.

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