AVANT LA SORTIE DU MAG – Peut-on se passer de voiture ? Ici ou là, des décisions sont prises, à l’étranger, pour réduire la place de la “bagnole”. Et ce, afin de limiter les effets nocifs de la pollution.

UP sort son nouveau numéro et, dans son dossier, fait le tour des alternatives pour sortir de l’ère du tout-automobile. Car, oui, l’heure est grave : la voiture est responsable de 29 % des émissions de Co2 liés au transport. Certaines municipalités ou gouvernements, hors de France, en ont conscience et prennent des mesures anti-congestion. Alors que, dans le même temps, près de 81 % des personnes interrogées par l’Observatoire des mobilités émergentes déclarent que la situation écologique est préoccupante – 68 % d’entre eux ont même changé leur mode de déplacement pour des raisons écologiques, d’après l’étude.

Des villes allemandes disent « Nein » aux diesels polluantes

En février 2018, la justice allemande, à la suite d’une plainte de l’association de protection de l’environnement allemande Deutsche Umwelthilfe (DUH), a autorisé les villes à interdire certaines voitures roulant au gasoil. De grandes villes ont sauté le pas, à commencer par Hambourg. Si cette ville du nord de l’Allemagne a mis en place une interdiction sur une partie limitée de la commune, Francfort a fait la même chose sur l’ensemble de son territoire.

A Berlin, une grande partie des véhicules diesel (celles aux normes euro 0 à 5, soit les automobiles de plus de trois ou quatre ans) ne pourront plus circuler dès avril 2019 sur d’importants axes de la capitale allemande (15 km de rues). Idem à Stuttgart, la ville de Mercedes et de Porsche, dans le sud. En janvier 2019, les voitures diesels d’avant 2011 ne pourront plus circuler, ce qui impacterait 188 000 véhicules.

Des péages urbains à Stockholm et Londres

Selon la sénatrice UDI Fabienne Keller, qui a présenté un rapport en commission des finances, ce genre de dispositifs « ont fait leurs preuves. Après avoir étudié de très près les cas de Londres et de Stockholm, nous avons constaté, dit-elle au Parisien, une réduction considérable des bouchons, des temps de parcours, des accidents de la route mais aussi de la pollution atmosphérique ».

Pénétrer dans les deux villes est payant en journée, du lundi en vendredi. « Il s’agit bien de cibler uniquement les moments où la circulation automobile est spontanément trop importante mais de garantir la gratuité la nuit, les week-ends et les jours fériés », poursuit la parlementaire alsacienne. Si « Londres a choisi un champ d’application restreint : son hypercentre, soit une zone de 21 km² », à Stockholm, « le périmètre est deux fois plus large – 47 km² – en s’étalant largement sur la banlieue ».

Le péage situé à l’entrée de Londres coûte 11,50 livres (12 euros). L’automobiliste ne s’acquitte du montant qu’une seule fois par jour même s’il entre à l’intérieur de la ville plusieurs fois. A Stockholm, le prix varie de 1,6 euro (aux heures creuses) à 2,7 euros (aux heures pleines). Il paye à chaque fois qu’il passe le péage, même s’il y a une limite, fixée à 11 euros.

En 18 ans, le trafic en semaine à Londres a baissé de 60 000 véhicules. Selon Fabienne Keller, « les embouteillages ont diminué de 30 % et le nombre d’accidents de 40 % par rapport à 2003. Les émissions de CO2, dit-elle à 20 Minutes, ont diminué de 16 % entre 2003 et 2018, celles de dioxyde d’azote de 8 % et celles des particules fines PM10 de 7 % ».

Les voitures électriques peuvent rouler plus vite que les autres en Autriche

En Autriche, la limitation de vitesse est fixée à 130 km/h sauf sur une partie du réseau autoroutier, sur lequel en période de pollution, les automobilistes doivent mettre le pied sur le frein. Il est interdit de rouler au delà de 100 km/h. Tous les automobilistes ? Non, car les voitures électriques rechargeables  ne sont pas soumises à cette règle et peuvent continuer à rouler à 130 km/h, même en cas de pic de pollution. Ce qui n’est pas autorisé pour les voitures hybrides.


Commentaires