IDEES – Solidaire, citoyen, économique, écologique… Bien qu’il offre de nombreux avantages, le covoiturage urbain ne représente que 3 % des déplacements quotidiens en France. Petit tour d’horizon des services disponibles entre particuliers via des applications mobiles.

 Partager sa voiture avec ses collègues  

85 % des automobilistes français voyagent seuls pour se rendre sur leur lieu de travail. Pourtant, 30 % des salariés se disent prêts à covoiturer ! Pour les aider à franchir le cap, Klaxit propose des itinéraires réguliers entre les grandes villes françaises et les grands bassins d’emplois. Le leader du covoiturage de courte distance domicile-travail compte parmi ses clients une centaine de grandes entreprises. L’application permet ainsi à un salarié d’identifier un collègue dans son entreprise ou dans une entreprise voisine, qui parcourt un trajet quotidien identique au sien et de planifier un déplacement commun. « Ce service facilite le covoiturage car l’un des freins au déplacement partagé, c’est souvent la méfiance », explique Julien Honnart cofondateur de Klaxit. L’avantage ? Les frais d’abonnement sont pris en charge par l’entreprise. 100 000 trajets réguliers sont ainsi proposés en France à des milliers de salariés chaque jour. À l’avenir, Klaxit espère augmenter son réseau d’utilisateurs grâce au soutien financier des collectivités.

L’auto-stop connecté en ville

L’application Ouihop met en relation, en temps réel, des piétons et des automobilistes qui vont dans la même direction. Le conducteur partage son trajet en ligne, avant de prendre la route, et reçoit une notification lorsqu’il croise un passager potentiel sur son chemin. À lui ensuite de décider s’il souhaite s’arrêter ou non pour le déposer. Ce covoiturage instantané fonctionne bien dans les grandes villes : « L’urbanisation croissante éloigne de nombreux citadins des arrêts de transports en commun », analyse Franck Rougeau, le cofondateur de Ouihop. L’abonnement à ce service d’auto-stop urbain est facturé 2 euros par mois aux piétons, il n’y a donc pas de transaction directe entre le conducteur et le passager. L’automobiliste est récompensé par des chèques carburants ou des places de parking gratuites en échange du partage de ses itinéraires. 50 000 personnes utilisent cette application à Paris, Nantes, Bordeaux et Lyon : « Les trentenaires sont très ouverts aux services collaboratifs qui leur sont dédiés. La voiture est avant tout un moyen de transport et pas le reflet d’un statut social  », explique Franck Rougeau.

 

Le covoiturage de proximité… entre voisins…

Proxiigen est une plateforme collaborative, idéale pour échanger des services entre voisins, se prêter du matériel de bricolage ou organiser un déplacement en voiture. La particularité du site ? L’entraide est sans contrepartie financière. Le covoiturage est donc totalement gratuit. La plateforme fonctionne comme un réseau social de proximité. Il suffit de s’y inscrire pour trouver ou proposer des trajets ponctuels ou réguliers. Le site met ensuite en relation des conducteurs et des passagers en fonction des besoins des uns et des possibilités des autres. Une solution pratique et solidaire  pour amener ses enfants à l’école, aller faire ses courses ou se rendre dans son club sportif. Parmi les utilisateurs, des parents d’élèves débordés ou encore des personnes âgées isolées. La plateforme facilite les déplacements du quotidien en s’appuyant sur un réseau local de voisinage. « Ce covoiturage de proximité fonctionne bien dans les zones rurales et les villes de moins de 100 000 habitants », précise Franck Dechaume, le fondateur de la plateforme.

Le covoiturage pour arrondir ses fins de mois

Certains automobilistes proposent de transporter des passagers sur des courtes distances car cela permet de générer des revenus occasionnels. Avec Citygoo, les règles sont fixées à l’avance. Les conducteurs se connectent sur l’application, indiquent leur itinéraire et proposent un prix pour leur trajet. Les passagers font de même et sont libres de faire leur choix parmi les différents tarifs affichés. Le conducteur est rémunéré entre 10 et 60 centimes par kilomètre parcouru. Ethan utilise l’application très régulièrement lorsqu’il prend la route et il est ravi du concept : «  Je rends service à quelqu’un et en même temps, je finance une partie de l’entretien de ma voiture grâce au covoiturage », témoigne-t-il. L’application est très utilisée dans les zones urbaines où se déplacer d’une banlieue à une autre nécessite énormément de temps. La majorité des utilisateurs de Citygoo sont situés en Île-de-France.