Ce mois-ci, UP le mag, en partenariat avec Up Campus et la Mairie de Paris, vous propose de découvrir des acteurs du réemploi qui créent au quotidien un impact écologique et social durable. Zoom, aujourd’hui, sur un projet – Frivep – porté par des entreprises et des collectivités locales, qui lancent une filière de recyclage des vêtements professionnels, souvent oubliés au fond des poubelles ou des placards.

Dans les conteneurs, présents sur la voie publique, on glisse nos « TLC », le textile, les habits, les chaussures. On y glisse des produits dont on veut se séparer, les vêtements usagés de la vie courante. Et surtout pas les vêtements professionnels. Vous savez, les vestes des contrôleurs de la SNCF, les uniformes des agents municipaux, des gendarmes, ou encore des postiers.

Les entreprises qui récupèrent les vêtements courants seraient d’ailleurs bien embarrassées d’utiliser ces vêtements floqués de logos d’entreprises. « En les collectant comme les habits du grand public, on prend le risque qu’ils puissent tomber entre de mauvaises mains, des personnes qui pourraient s’en servir de manière malveillante », explique Michel Lopez, monsieur Économie circulaire à la SNCF.

Actions solidaires

Jusqu’à présent, les agents gardaient les vêtements de leurs entreprises chez eux, d’autres les jetaient à la poubelle. Et les produits terminent ainsi  leurs vies enfouis dans des décharges ou incinérés. « C’est dommage, car il y a vrai potentiel de valorisation, les vêtements sont très souvent de bonne qualité », précise Michel Lopez. La SNCF est membre de l’association Orée, qui regroupe de nombreux acteurs : des collectivités, des entreprises, des associations qui s’échangent les bonnes pratiques et trouvent ensemble des solutions éco-responsables.

Michel Lopez, vice-président de l’association Orée, y anime un club métier, «Valorisation des mousses & textiles », depuis 2013. « Il a vocation à réunir, trois fois par an, des donneurs d’ordre (des entreprises qui achètent des vêtements professionnels) et des industriels de la filière du textile pour partager les bonnes pratiques et trouver des solutions techniques afin de gérer la fin de vie des vêtements professionnel », explique-t-il, avant d’ajouter qu’en 2010, la SNCF avait donné de vieux vêtements à des Haïtiens, victimes du terrible tremblement de terre. Une action solidaire qui a été reconduite quelques années plus tard, et cette fois au profit des Restos du cœur.

Phase d’expérimentation

Mais, selon lui, il est préférable de mener une action groupée et monter une filière de recyclage avec des acteurs multiples.  La Poste, GRDF, la mairie de Paris, notamment, rejoignent  le mouvement (regardez le visuel ci-dessous). Et tout démarre avec l’engagement pour la croissance verte (un ECV est destiné à favoriser le partenariat entre l’Etat et les acteurs privés) relatif à la structuration d’une filière de réemploi et de recyclage industrielle des vêtements professionnels (Frivep), signé le 28 novembre 2016. Un projet d’envergure porté par l’association Orée, regroupant les membres du projet, les industriels d’un côté et les donneurs d’ordre de l’autre. L’idée : récupérer, collecter, à terme, les vêtements professionnels, en vue de les donner ou de les effilocher, afin de fabriquer, par exemple, des totebag ou des tissus d’ameublement.

Frivep pour lancer une filière de recyclage des vêtements professionnels

(crédit: Frivep)

Première étape : la phase d’expérimentation, qui a démarré en juin dernier avec l’ouverture d’un centre dans l’Est de la France – le lieu exact est tenu secret pour des raisons évidentes de sécurité. « Pendant 15 mois, les gisements envoyés par les donneurs d’ordre partenaires vont être caractérisés, triés et démantelés ; cette période expérimentale permettra de faire des tests importants avant le lancement futur d’une phase industrielle.”


Commentaires