La discipline sportive, appelée “plogging”, contraction de plocka upp qui signifie ramasser en suédois, et jogging, consiste à récolter des déchets tout en courant. Chez Run Eco Team, les courses “vertes” se pratiquent depuis 2016.

Courir pour un monde plus propre ! Nouvelle pratique en vogue, le plogging, venu tout droit de Suède, allie course à pied et nettoyage urbain.< Armés d'un sac recyclable, de gants et de baskets, les coureurs ramassent les déchets qui se trouvent sur leur chemin. « Le but reste quand même de garder un côté sportif, les récoltes se font selon le parcours et les envies des coureurs, elles peuvent être faites pendant la course mais aussi à l’échauffement ou lors de la récupération », précise Nicolas Lemonnier, président de l’association Run Eco Team. Les participants peuvent se baisser normalement ou faire des squats, qui permettent de muscler d’autres parties du corps.

C’est en voulant devenir plus athlétique que Nicolas Lemonnier s’est mis à la course, il y a plus de deux ans. Au fil des kilomètres, plusieurs déchets croisent son chemin, il se met alors à les ramasser. « Ce n’était pas par conviction écologique, même si j’y suis sensible. Ce n’est juste pas très plaisant de voir des déchets au milieu du paysage quand on court », affirme Nicolas Lemonnier.

En partageant ses récoltes sur les réseaux sociaux, le coureur s’est rendu compte qu’il n’était pas le seul à amasser des détritus. En janvier 2016, il fonde Run Eco Team, association destinée à rassembler les sportifs qui se mettent au vert. Il attire même l’attention de Marc Zuckerberg, patron de Facebook, qui publiera une vidéo sur l’histoire de l’association, vue et partagée plus de 200 000 fois.

Pas de discours moralisateur

Pour Nicolas Lemonnier, le meilleur moyen de convaincre est de garder un discours positif. « Il faut que les gens prennent conscience que faire le tri ou ne pas jeter ses déchets, c’est important, on le fait à travers des événements ou juste en ramassant devant eux. » Il assure que certaines personnes l’ont déjà remercié d’avoir nettoyé le sol à leur place et certains se sont mêmes engagées à ne plus recommencer lorsque celui-ci les a pris sur le vif.

Carole-Anne Rambaud, ambassadrice à Paris, rencontre parfois des personnes réticentes aux initiatives de l’association. « Certains trouvent des excuses comme : “Je ne ramasserai pas pour les autres” ou “Le service de nettoyage de la ville va s’en charger”, mais d’ici à ce que la ville passe, les mégots auront déjà pollué l’eau et les plastiques se seront envolés ailleurs », souligne-t-elle. Un mégot de cigarette peut polluer jusqu’à 500 litres d’eau.
Run Eco Team est aussi présent sur les courses telles que celle du « 10 km du bois de Boulogne » où l’association avait un stand, et partage parfois avec les organisateurs afin de trouver des moyens efficaces pour moins polluer durant les parcours officiels. « Par exemple, je pense qu’il faudrait mettre plus de poubelles, peut-être pas sur tout le parcours, mais au moins sur un bon kilomètre après les ravitaillements, là où on retrouve des gobelets en plastique, des peaux de bananes ou des emballages de barres énergétiques », explique Carole-Anne Rambaud.

Une initiative créatrice de liens

À Paris, ils sont plus de 1 700 coureurs membres de l’association. Des courses en groupes sont régulièrement organisées afin de concentrer les efforts et ramasser plus de déchets, mais aussi créer du lien entre les membres de l’association. « On rencontre tous les types de sportifs, des marathoniens comme des coureurs du dimanche, on a même ouvert un groupe pour la marche, se réjouit l’ambassadrice. Ce ne sont évidemment pas des courses de vitesse ou d’endurance, mais plus des courses pour se faire plaisir ! » Carole-Anne Rambaud, originaire de Bretagne, raconte même s’être faite des amis grâce à l’association.

Aujourd’hui, Run Eco Team c’est plus de 20 000 membres dans 103 pays différents, pour un total de 17 000 déchets en 2 000 kilomètres.


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