EN BREF – L’association Générations Futures, spécialisée dans la lutte contre les pesticides, publie, en ce 20 février, un classement des 19 fruits et des 33 légumes non bio les plus contaminés en substances chimiques.

Le rapport de Générations Futures sur les résidus de pesticides dans les aliments révèle qu’en moyenne 73 % des échantillons de fruits et 41 % de légumes issus de l’agriculture conventionnelle analysés en France en contiennent. Ces résultats s’appuient sur des données officielles de la direction générale de la répression des fraudes, collectées entre 2012 et 2016 (11 103 échantillons testés).pesticides fruits et légumesCôté fruits, le podium des fruits les plus contaminés se compose du raisin (89 %), des clémentines et mandarines (88,4 %) et des cerises (87,7 %), tandis qu’en bas de tableau les prunes (34,8 %), les kiwis (27,1 %) et les avocats (23,1 %) sont les moins exposés. Côté légumes, céleris branche (84,6 %), endives (72,7 %) et laitues (65,8 %) font face aux betteraves (4,4 %), aux asperges (3,2 %) et au maïs (1,9 %).

Une concentration avérée aux risques flous

Le rapport appuie donc la thèse d’une forte concentration de pesticides dans notre alimentation, mais il reste encore difficile d’envisager l’impact sanitaire des pesticides. « Le citoyen et consommateur doit pouvoir être en possession de ces informations détaillées pour formuler des demandes auprès des pouvoirs publics », a toutefois justifié François Veillerette, directeur et porte-parole de l’association, lors d’une conférence de presse qui s’est tenue le 20 février.

En effet, si l’étude révèle la concentration de pesticides dans la majorité de ces fruits et de ces légumes, elle précise aussi la part d’échantillons présentant des taux supérieurs aux limites maximales de résidus fixées légalement par l’Union européenne. Chiffres moins impressionnants mais tout aussi inquiétants : 2,7 % des échantillons de fruits analysés dépassent notamment ce seuil, dont 6,6 % des cerises, 4,8 % des mangues et papayes, et 4,4 % des oranges.

Générations Futures : l’association, reconnue d’utilité publique par le ministère de la Santé, publie de nombreux rapports sur l’usage et les répercussions des pesticides, et mène des actions concrètes contre leur utilisation.

Le 16 février dernier par exemple, elle célébrait sa victoire contre deux pesticides à base de sulfoxaflor – considéré comme néfaste pour les abeilles, suite aux recours déposés après leur autorisation de mise sur le marché.


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