EN BREF – Thomas Piketty et d’autres économistes ont étudié les inégalités dans le monde, qui sont de plus en plus fortes.

Les années passent et les inégalités se creusent entre les populations les plus riches et les plus pauvres. Tel est le constat dressé  les économistes Facundo Alvaredo, Lucas Chancel, Thomas Piketty, Emmanuel Saez et Gabriel Zucman réunis au sein de la World Wealth and Income Database.

Ces derniers publient un rapport accablant – mais prévisible – sur les inégalités dans le monde en 2018. Le document de 300 pages, en anglais, est disponible ici.

Le trio des inégalités : Moyen-Orient, Brésil, Inde

Dans le détail, en 2016, 37 % de la part du revenu national moyen dans les pays de l’Europe de l’Ouest va aux 10 % des plus gros revenus, contre un peu plus de 30 % il y a 37 ans.

Aux États-Unis, les 10% plus fortunés récupèrent 47 % du revenu national (contre 34 % en 1980).

En Chine, les plus fortunés ont droit à 41 % du revenu national (contre 27 % en 1980). En Russie, c’est 46 % (contre un peu plus de 20 % en 1980). Les plus riches brésiliens et indiens se partagent, quant à eux, 55 % du revenu de leur pays respectifs. Il y a 37 ans, ils se partageaient un peu plus de 30 % du revenu des deux pays.

L’Inde et le Brésil “devancent” de peu les états de l’Afrique subsaharienne, dont la part des richesses récupérée par les plus riches a stagné entre 1980 et 2016 (un peu moins de 55 % des revenus).

“Marges de manœuvre”

Verdict : la part des revenus nationaux récupérée par les plus riches est de plus en plus élevée un peu partout dans le monde. Elle régresse uniquement dans deux “régions”. 75 % des revenus du Moyen-Orient allaient aux plus riches en 1980, contre 66 % aujourd’hui. Au Brésil, on est passé de 58 à 55 % des richesses du pays.

La part de revenus allouée aux 50% les plus pauvres a fortement diminué aux Etats-Unis, tandis qu’elle est restée à peu près stable en Europe de l’Ouest. En 1980, la part du revenu national revenant aux 50% de contribuables les plus pauvres était de 24% en Europe de l’ouest et 21% aux États-Unis. 37 ans plus tard, ils se partagent 22% côté européen et… 13 % outre-Atlantique.

Selon Thomas Piketty, il y a toutefois “une marge de manœuvre”, et les évolutions peuvent s’inverser, comme il le dit sur France Inter.


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