91 % des Français ont déjà entendu parler de la sophrologie. Pour cause, depuis quelques années, cette méthode psycho-corporelle multiplie les adeptes. Pourquoi un tel engouement pour cette thérapie plutôt qu’une autre ? À qui s’adresse-t-elle ? Quels sont ses bienfaits ? Réponses avec la sophrologue Carole Serrat

Qu’est-ce que la sophrologie ?
C’est la science de la conscience au sens où son créateur, le neurologue colombien Alphonse Caycedo, la définit. Plus exactement, la sophrologie (du grec sôphrôn : sagesse liée à la santé de l’esprit) est une méthode globale qui nous fait prendre conscience de notre corps et de ses tensions afin de mieux les relâcher. Car, tant qu’on n’en a pas conscience, on ne peut pas les détendre. La sophrologie permet ainsi de chasser les tensions musculaires et le stress, d’améliorer le sommeil, de mieux gérer ses émotions, de vaincre les problèmes de burn-out ou de dépression.

Comment ça marche ? 
En pratique, il y a trois étapes spécifiques. La première est celle de la respiration. Il faut d’abord apprendre à bien respirer par le ventre pour pouvoir lâcher prise et pénétrer dans le niveau de conscience de la sophrologie. La deuxième étape, c’est le relâchement musculaire. Enfin, la troisième étape, c’est la détente du cerveau et du mental.

Avez-vous une méthode spécifique ? 
Oui, en France, je suis la seule à pratiquer la sophrologie avec de la musique. Car, la musique est un vrai langage qui va faciliter la détente. Pendant la séance, la personne va suivre ma voix accompagnée de la mélodie tout en se concentrant sur sa respiration, et se laisser guider. Très vite, elle va lâcher prise et rentrer dans état très bénéfique pour la santé car situé à la fois au bord du sommeil et au bord du réveil. Ainsi, une séance de sophrologie équivaut à plusieurs heures de sommeil.

À qui s’adresse-t-elle en particulier ? 
Aux personnes stressées, tendues ou qui ont des problèmes de sommeil et de burn-out. La sophrologie s’adresse aussi bien aux enfants avec des exercices pratiques et concrets pour se détendre et s’épanouir personnellement. Je suis également des personnes atteintes d’un cancer afin de les aider à mieux vivre la chimiothérapie. Séance après séance – en moyenne une heure chacune -, ils sont plus positifs et ont moins d’effets secondaires comme la fatigue ou la perte de cheveux. Enfin, la sophrologie est très prisée des sportifs de haut niveau car elle met en avant la méthode de visualisation d’images positives. Ils s’imaginent en pleine compétition et se préparent mentalement pour être plus confiants le Jour J.

6 millions de Français ont déjà eu recours à la sophrologie. Comment expliquez-vous cet engouement ? 
D’abord, parce qu’on commence à prouver de manière scientifique que c’est bon pour la santé. Quand on met des personnes en état de sophrologie sous IRM, on voit que les zones cérébrales bougent. La mémoire et la concentration s’améliorent, il y a moins de problèmes cardiovasculaires… C’est du palpable, du concret et surtout c’est naturel ! Trop de gens prennent des somnifères pour s’endormir. Or, à la longue, c’est dangereux pour leur santé. Alors certains essayent de nouvelles méthodes, sans médicament, qui ont fait leurs preuves.

Comment devient-on sophrologue ? Y a-t-il un diplôme reconnu ? Sachant que le terme même de “sophrologie” n’est pas déposé. 
Le diplôme de sophrologue n’est pas encore reconnu. Mais, on peut être formé par des écoles sérieuses et obtenir un Master en sophrologie caycédienne. J’ai eu la chance d’être formée par le créateur, Alphonse Caycedo, qui m’a délivré le diplôme ultime. J’ai également suivi des cours à l’Académie de sophrologie de Paris du Docteur Patrick-André Chéné.

Y a-t-il un risque de dérives sectaires ? 
La sophrologie n’a rien à voir avec une secte, c’est une méthode de bien-être. Après, comme partout, il peut y avoir des dérives dans la mesure où certaines personnes se revendiquent sophrologues alors qu’elles ne le sont absolument pas.

La sophrologie a récemment fait son entrée dans les entreprises. Comment s’impose-t-elle dans le monde du travail ? 
Tout simplement parce qu’il y a de plus en plus de burn-out ou d’absentéisme à cause de maladies psychosomatiques. Les entreprises ont tout intérêt à faire pénétrer la sophrologie sur le lieu de travail. C’est du temps et du bien-être de gagnés pour les employés, et même des économies pour la sécurité sociale. D’autant que si le taux d’absentéisme diminue, c’est meilleur pour l’entreprise.

Des conseils pour nos lecteurs qui voudraient se détendre en quelques minutes derrière leur ordi ? 
Tout d’abord, un exercice pour “détasser” ses lombaires et donc, éviter le mal de dos. Asseyez-vous au bord de votre siège. Vos mains reposent de chaque côté de vos cuisses sur les bords extérieurs du siège. En vous appuyant sur vos mains, soulevez votre bassin. Vos épaules doivent être relâchées et votre tête bien droite. Maintenez la position pendant 10 secondes, sans vous crisper. Puis reprenez lentement la position assise. Recommencez encore une fois : soulevez-vous en prenant appui sur vos mains et en gardant la tête droite et les épaules détendues, puis revenez vous asseoir en douceur.

Je leur conseille aussi d’accorder une pause détente à leurs yeux toutes les deux heures. Pour les reposer, voici un exercice simple : il s’agit de détourner la tête de son écran pour porter son regard sur un objet éloigné. Prenez le temps de bien détailler l’objet que vous avez choisi, observez sa texture, sa forme, ses couleurs. Puis fermez les yeux et essayez de vous représenter cet objet mentalement. Tâchez de vous remémorer les détails que vous avez notés. Après 3 minutes, ouvrez les yeux, revenez sur cet objet avant de ramener le regard sur votre écran. Un exercice excellent pour détendre yeux et paupières en même temps !

Plus d’infos et d’exercices dans : 

“La sophrologie, c’est malin” de Carole Serrat, éd. Leduc.s. 18 €. 

“Heureux au boulot avec la sophrologie” de Céline Desmons, éd. Eyrolles. 17,90 €. 

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