Une enquête de l’ADEME, menée auprès de 12 foyers « zéro déchet », montre que ce mode de vie n’est pas forcément réservé aux plus militants, ni vécu comme une contrainte. Bien au contraire.

On parle de démarche « zéro déchet » lorsque des personnes font en sorte de réduire au maximum la quantité de choses qu’ils jettent à la poubelle. Cela passe par de l’achat en vrac, du compostage, une réduction de la consommation et parfois par la fabrication de ses propres produits. Une façon de vivre qui reste perçue comme contraignante par de nombreuses personnes, même si elle se popularise. Pour « tordre le cou » aux idées reçues, l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) a mené une enquête auprès de 12 foyers à la fois sobres et heureux.

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Cette enquête ne prétend pas être représentative d’une population, et n’est pas non plus un catalogue de « bonnes pratiques », mais elle permet de voir, à travers des fiches descriptives, comment ces familles s’y prennent pour réduire leurs déchets. Elle montre aussi ce qui les a motivées à s’engager dans cette démarche et ce qui les rend heureux. Les foyers ont été sélectionnés parmi des gens ayant un mode de vie relativement « conventionnel » et un haut niveau de bien-être, selon l’indice trimestriel du bonheur des français (ITBF) créé par la Fabrique Spinoza.

Un exemple de fiche :

Non…

Voici quelques idées reçues démontées avec ces différents témoignages.

Les foyers « zéro déchet » ne sont pas forcément des militants marginaux. Dimitri, agent technique à la SNCF, a découvert la démarche zéro déchet via un reportage TV, et sa compagne, Lauriane, téléconseillère à plein temps pour une grosse entreprise française, l’a suivi, selon son adage préféré : « Pourquoi pas ! »  Carole, opticienne, a toujours « été la fille qui fait attention à la nature, mais sans être écolo pour autant », et, pour Julien, « c’était juste : “Éteignons les lumières, faisons attention à l’eau ». Ils ont eu un déclic à force de remplir leurs poubelles, mais ils préviennent : « Nous ne sommes pas exceptionnels, on fait les choses de façon pragmatique. »

Réduire ses déchets n’est pas synonyme de prise de tête.  Pour Lauriane, le zéro déchet « c’est comme un jeu vidéo, plus tu avances dans les  niveaux et plus c’est difficile mais, en même  temps,  tu es de mieux en mieux préparé. » « Je préfère faire un gâteau le dimanche avec ma fille. Et ça c’est un moment qu’on va partager ensemble plutôt que d’aller dans un centre commercial s’acheter des vêtements où on en retirera pas le même plaisir », affirme Nathalie, 49 ans. Pour Charles, 35 ans, informaticien, le fait de désencombrer son environnement et de ne plus être dans une logique de consommation effrénée permet « de se recentrer sur les choses plus essentielles ».

Ça ne coûte pas forcément plus cher… Carole et Julien ont ainsi économisé jusqu’à 100€ par mois avec une famille de deux enfants. « On nous a dit d’acheter en vrac, hop on va acheter en vrac et puis, finalement ça nous coûte beaucoup plus cher […] Donc on a fait ces erreurs-là de comparer ce qui n’est pas comparable. […] Finalement au bout d’un an ça nous a coûté moins cher, […] ce n’est pas juste produit par produit qu’il faut regarder, mais c’est dans la globalité », expliquent-ils.

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Les Français produisent en moyenne 277 kg d’ordures ménagères par an. Ces familles en produisent de 1,5 à 13 fois moins. Et l’on voit qu’alléger la facture n’est vraiment pas un fardeau !

Retrouvez l’ensemble des fiches avec les témoignages ici.


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