L’association Les Cols Verts vient d’ouvrir une ferme urbaine dans une zone prioritaire de Valenciennes. Ce nouveau poumon, au cœur des quartiers, est aussi un chantier d’insertion qui permet de remettre des personnes sur les rails de l’emploi.

Sur une pelouse de 9000 m² accolée à une rangée de petites maisons neuves, des t-shirt verts s’activent de bon matin. Encadrés par Pierre, animateur maraîcher, Eddy, Jordan et Nathalie, s’affairent à débroussailler le terrain et alimenter des bacs de culture avec de la tonte donnée par une entreprise partenaire. Tous les trois sont en chantier d’insertion, un dispositif ouvert à des personnes éloignées de l’emploi, sous forme d’un contrat de travail de 24 heures hebdomadaires, sur une durée de 6 mois, renouvelable jusqu’à 24 mois.

Cette ferme urbaine, dont le but est de sensibiliser au bien-manger, est située à l’ouest de la ville, au milieu d’un ensemble de trois quartiers dits Quartier Politique de la Ville de 7 000 habitants. Malgré des évolutions positives ces dernières années, le chômage (28 %) et la précarité y reste élevés. Guillaume Colson, cofondateur de l’association Cols Verts, à l’initiative du projet, se réjouit de pouvoir créer de l’activité. « Nous avons déjà créé quatre emplois, certes c’est une goutte d’eau dans l’océan, mais c’est déjà ça ! », affirme-t-il.

« J’ai grandi à la campagne, j’aime retrouver ça » 

En milieu de matinée, les travailleurs s’accordent une pause autour d’un café offert par un voisin du terrain. L’occasion d’entamer la discussion sur leurs premières semaines de travail. Pour Jordan, 20 ans, titulaire d’un CAP paysagiste, ce chantier lui permet de rester dans un univers qu’il connaît déjà un peu. En revanche, pour Nathalie, 39 ans, c’est un vrai changement. « Avant, je travaillais dans le bâtiment, mais j’aime bien tout ce qui est nature, être à l’extérieur. J’ai grandi du côté de Carvin (62), c’était un peu la campagne, j’aime retrouver ça », confie-t-elle.

« J’aime bien aller dans la serre parce qu’il faut chaud, ça fait maigrir ! », blague Nathalie avant de retourner sur la tondeuse. Bientôt, viendront les moments de faire les semis avec les habitants, puis d’entretenir les plantes. Le terrain accueillera également un poulailler et des ruches. Les employés du chantier d’insertion pourront, s’ils le souhaitent, valider un certificat de maraîcher bio (formation avec diplôme) ou d’apiculteur (formation sans diplôme). Ils ont encore le temps pour se décider, mais Nathalie a déjà prévenu : « si je peux trouver un métier dans cet univers là, ça me plairait bien ! », dit-elle.

La solidarité se cultive en ville

Dossier réalisé en collaboration avec la Fondation d’entreprise Carrefour. Depuis sa création en 2000, cette fondation d’entreprise accompagne l’insertion de personnes éloignées de l’emploi grâce à l’agriculture. En 2016, 15 projets de développement agricole, dont six potagers urbains, ont été soutenus à hauteur de 1,1 million d’euros. En plus de l’apport financier, la fondation accompagne les structures pour la production, la vente, la distribution, notamment dans les magasins de l’enseigne. La fondation s’adosse ainsi aux compétences de l’entreprise pour assurer un effet de levier et optimiser l’impact positif des programmes soutenus. Engagée dans le soutien de projets autour de l’alimentation à vocation solidaire ou humanitaire, en France et à l’étranger, la Fondation Carrefour s’est associée à UP le mag pour la réalisation de ces pages consacrées à l’agriculture urbaine. Zoom sur quatre projets soutenus par la fondation et centrés sur la lutte contre les exclusions.

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