La population suisse a décidé de mettre un coup d’arrêt au nucléaire. Désormais, la construction de nouvelles centrales est interdite. Une bonne nouvelle pour les énergies renouvelables qui devraient d’ici les prochaines années revoir leur développement à la hausse. 

Ils l’ont fait ! Dimanche 21 mai, les Suisses se sont exprimés lors d’un référendum lié à la nouvelle loi sur l’énergie. Résultats : ils ont voté à 58% pour la sortie du nucléaire. D’autres pays ont fait le même choix comme l’Allemagne, la Belgique ou l’Italie.

L’objectif de cette loi est de développer les énergies vertes, alors qu’aujourd’hui, un tiers de l’électricité du pays est d’origine nucléaire. Le texte engage aussi les Suisses à réduire leur consommation d’énergie. Grande mesure : il interdit la construction de nouvelles centrales nucléaires. Toutefois les centrales existantes pourront rester en service aussi longtemps que leur sûreté sera garantie. Les centrales devraient en effet être mises à  l’arrêt après environ 50 ans voire 60 ans d’exploitation.

“Pour tous les écologistes, qu’ils soient politisés ou non, c’est un jour historique dans le pays”, s’est réjoui la députée des Verts Adèle Thorens Goumaz. “La Suisse va entrer dans le XXIe siècle énergétique, ce sera un signal fort, a-t-elle ajouté. Seul le premier parti de Suisse, le parti populiste de l’UDC (Union démocratique du centre), combattait la nouvelle loi. Le député socialiste Mathias Reynard a salué un “compromis très suisse qui a gagné aujourd’hui” car la loi signe “la sortie du nucléaire” sans fixer véritablement “une date très claire”.

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Et en France ?

Au printemps 2011, alors en lice pour la primaire écologistes contre Eva Joly, Nicolas Hulot se déclarait favorable à un référendum sur le nucléaire et était déjà convaincu qu’il fallait en sortir. @Libération

La nomination de Nicolas Hulot au poste de ministre de la Transition écologique et solidaire a vivement été applaudie par les anti-nucléaires. En effet, cet éternel défenseur de l’environnement a confirmé l’objectif de faire baisser la part du nucléaire dans la production d’électricité de 75% à 50% à l’horizon 2025. Tout en concédant : “Le nucléaire, que l’on soit pour ou contre, de toute façon on ne peut pas s’en passer demain matin”, a-t-il déclaré au JT de France 2.

Quant à la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), le ministre a annoncé qu’elle fermera après “concertation”. Cette fermeture doit intervenir au moment de la mise en service du réacteur de nouvelle génération EPR de Flamanville, dans le nord-ouest, prévue en 2019. Une décision appuyée par Emmanuel Macron qui, lors de la campagne présidentielle, avait annoncé que la doyenne des centrales fermerait avant la fin de son quinquennat, s’il était élu.

En 2012, pas encore élu président, François Hollande avait déjà promis la même chose, s’il arrivait au pouvoir…

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Nucléaire en Suisse : la population vote son arrêt
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