L’association HOP (Halte à l’obsolescence programmée)  s’est penchée sur ce sujet aussi démoralisant que concernant pour de nombreuses femmes : pourquoi les collants ne tiennent-ils rarement plus de quelques utilisations ?

Les collants sont un exemple phare de l’obsolescence programmée, une expression qui désigne le fait que certains produits  sont volontairement prévus pour ne pas durer, par leurs constructeurs, pour inciter les consommateurs à en acheter toujours de nouveaux. Dans les années 40, quand les bas sont apparus, les femmes pouvaient les porter plusieurs années. Face à des ventes qui stagnaient, l’entreprise à l’origine de la découverte du nylon, DuPont de Nemours, a alors changé sa formule, rendant les collants moins résistants, obligeant les femmes à les renouveler souvent.

L’association française HOP (Halte à l’obsolescence programmée) s’est penchée sur ce sujet en novembre 2015, avec une enquête réalisée auprès de 500 personnes. Pour 70% des personnes interrogées, le collant se file après seulement 2 à 5 utilisations. 85% des sondées estiment que cela est dû à l’obsolescence programmée. « Cela nous a donné envie d’en savoir plus, 5 bénévoles de l’association ont donc enquêté sur les enjeux et les problématiques liés à ce sujet », explique Laetitia Vasseur, fondatrice et Déléguée générale de l’association.

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Le rôle des consommateurs

Que ressort-il de leurs recherches ? Faire des collants plus résistants nécessiterait de changer la chaîne de production, ce que les marques ne semblent pas prêtes à faire. Interrogé par l’association, un responsable de la marque DIM a ainsi mis en avant l’argument financier. De plus, la marque affirme avoir fait des tests auprès des consommatrices : ces dernières ne seraient pas prêtes à dépenser plus pour un collant. De nombreuses questions restent toutefois en suspens. L’association remarque d’ailleurs qu’il a été « difficile d’entrer en contact avec des industriels ».

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« Ne s’agirait-il pas aussi de changer les comportements des consommatrices ? », s’interroge l’association. Se tourner vers des collants un peu plus chers, mais plus résistants, pourrait en effet inciter les marques à évoluer. « On peut toutefois comprendre l’attitude des consommatrices aujourd’hui, puisque les collants ne sont pas durables. Mais s’ils en existaient, ils coûteraient plus cher », souligne Laetitia Vasseur.

Pour aller plus loin…Du jetable au durable

Laëtitia Vasseur et Samuel Sauvage (co-fondateurs de HOP), en collaboration avec la journaliste Anne-Sophie Novel, viennent de sortir l’ouvrage « Du jetable au durable. En finir avec l’obsolescence programmée » (Editions Alternatives). Un livre pour comprendre l’obsolescence programmée et ses conséquences économiques, environnementales et sociétales, mais aussi explorer des solutions individuelles ou collectives, ponctué de témoignages éclairants.

Vers des modèles durables ?

HOP donne aussi dans son article quelques conseils pour rendre les collants plus résistants. Par exemple, les laisser dans un sac plastique 24 heures au congélateur. « Pour ma part, j’essaie de prendre des 50 deniers minimum ou des collants en laine et ne pas céder au chant des sirènes de la mode qui poussent à acheter des collants toujours plus fins », affirme Laetitia Vasseur. L’association cite aussi des marques plus résistantes, Wolford, Calezdonia, et Bleu forêt.

De son côté, France Inter a repéré la marque Berthe aux Grands Pieds, made in France s’il vous plaît. « Mon record de durée de vie d’un collant c’est 16 ans et pas 16 secondes ! », affirme à la radio Régis Gautreau, fondateur de la marque. Pour un collant longue durée, il faut compter une trentaine d’euros. À tester !

Magazine UP le mag n°12Ce sujet vous intéresse ?

Retrouvez l’article ” A quand la fin de l’obsolescence programmée ?” dans la 12ème édition de UP le mag

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