Chocolero, petite entreprise située en Belgique, a de grandes ambitions : lutter contre la prolifération de la production de cocaïne dans les pays d’Amérique latine. Sa recette ultime ? Le chocolat !

Selon l’organisation mondiale du cacao, la consommation de chocolat a augmenté de 7 % dans le monde depuis les 5 dernières années. C’est l’Europe qui est la région du globe la plus gourmande. Le continent représente à lui seul plus de 45 % de la consommation mondiale. Une tendance en constante hausse et une production qui peine à tenir le rythme. Le vieillissement des plantations situées en Afrique et en Amérique du sud, ainsi que les aléas climatiques empêchant leur fertilité harmonieuse, n’arrangent pas les choses. L’industrie a d’ailleurs annoncé un risque de pénurie dans les années à venir.

« D’un autre côté, il existe encore 140 000 hectares de plantations illégales de coca en Amérique Latine, majoritairement en Colombie et au Pérou, qui alimentent le narco-trafic. Or, les deux plantes (cacao et coca) poussent dans des conditions similaires », selon Maximilien Duvauchelle, un des responsables de Chocolero. Depuis sa création en 2014, cette petite société, basée en Belgique, veut accompagner les coopératives agricoles d’Amérique Latine engagées dans le remplacement de l’arbre à coca (qui sert principalement à fabriquer de la cocaïne) par le cacaoyer. « On s’est dit qu’il y avait là une opportunité pour remplacer la culture d’une drogue néfaste par une alternative “addictive” beaucoup plus inoffensive. De fil en aiguille, nous avons découvert les programmes dits de “développement alternatif” engagés dans cette voie, essentiellement au Pérou », ajoute ce dirigeant engagé.

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Du commerce responsable… et équitable

Un des produits-phares de la gamme Chocolero : le "Dark" / Crédits : Chocolero

Un des produits-phares de la gamme Chocolero : le “Dark” / Crédits : Chocolero

L’arme de Chocolero pour lutter contre ce fléau néfaste pour les consommateurs et les producteurs qu’est la cocaïne ? La vente de chocolat ! L’enseigne veut en effet soutenir les produits tirés du cacaoyer via la vente de ces mêmes produits, sur le site web de l’entreprise. Ainsi, des tablettes de chocolat provenant de ces cultures alternatives sont disponibles sur le site, à des prix compris entre 2,75 et 5 euros. Un commerce équitable, pas cher, et utile, car Chocolero compte aussi faire de la prévention et du traitement des addictions liées à la drogue. « L’idée, c’est de ne pas agir uniquement sur la production de drogue, mais aussi sur la consommation, affirme Maximilien Duvauchelle. Dans cette optique, nous voulons aider certains organismes qui œuvrent pour la prévention et le traitement des addictions liées à la drogue. » Chocolero cherche à cet effet des associations partenaires.

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Présent uniquement au Pérou pour l’instant, Chocolero compte désormais se développer en Colombie. La structure a d’ailleurs bon espoir : dans ce pays, l’accord de paix conclu entre le gouvernement et les FARC (les Forces armées révolutionnaires de Colombie) semble favorable aux politiques de substitution de la coca par des cultures alternatives légales. Pendant ce temps, en France, la structure veut tisser un réseau de distributeurs. « Comme pour toute initiative de commerce équitable, c’est l’activité économique qui, simultanément, fait vivre l’entreprise, finance son engagement social et permet in fine de démultiplier l’impact du projet. »

Présentation de Chocolero

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