Aujourd’hui est célébrée la journée mondiale des sourds. L’occasion de découvrir Lire-ensemble.com, une plateforme gratuite qui propose aux enfants la lecture d’ouvrages numériques traduits dans la langue des signes.

1 300. C’est le nombre de lycéens, comme la célèbre chanteuse Louane, qui ont sauté le pas et ont choisi l’option « Langue des signes français » (LSF) au bac. Parfois pour gagner des points, parfois par curiosité. D’autres dans l’objectif de préparer le CAPES de la LSF, reconnue « langue à part entière » en 2005 et « langue de la République », trois ans plus tard.

Or, le nombre de postes dans l’enseignement de la langue des signes reste faible. «Avec la loi de 2005 sur le handicap, le législateur encourage les parents à inscrire leur(s) enfant(s) sourds dans l’école de leur quartier. Mais l’accompagnement pose problème, estime Didier Flory, professeur d’anglais pour des personnes sourdes, car les auxiliaires de vie scolaire (AVS) ne sont généralement pas assez formés. » D’où l’idée d’apprendre la LSF… le plus tôt possible.

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« Mutualiser les productions »

Pour encourager le mouvement, Didier Flory, aussi interprète en LSF, a lancé au début de l’année 2016 la plateforme Lire-ensemble.com. Elle propose un apprentissage gratuit grâce à la lecture de livres numériques bilingues – on y trouve du texte, de l’illustration et une vidéo pour la traduction en LSF, notamment pour les jeunes.

Le ministère de l’Education nationale, qui a soutenu financièrement le projet, a demandé qu’il y ait, en plus, une fonctionnalité permettant de créer son propre livre et de le publier en ligne. Au moment de l’entretien, Didier Flory n’en avait pas encore vu sur le site. Mais la fonction est utile selon lui : elle peut permettre de « mutualiser les productions » des enseignants en France.

Le linguiste de formation insiste : tout le monde peut en profiter, parents et enfants. Et pas seulement la population sourde – « 65 à 70 000 personnes sont malentendantes de naissance, c’est-à-dire une personne sur 1 000 », précise-t-il.

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Valoriser les ressources locales

D’ailleurs, le ministère demande que le site soit accessible à tous, c’est-à-dire aux personnes souffrant de tout type de handicap, comme le daltonisme ou encore la cécité. Didier Flory s’y emploie, mais admet rechercher du financement pour se plier à cet ajustement.

En attendant, 22 000 personnes ont vu les histoires numériques présentes sur le site. Certaines sont destinées aux enfants de 3 à 8 ans. D’autres pour apprendre l’anglais en langue des signes. On découvre aussi une petite histoire sur la cité Plantagenêt située dans la vieille ville du Mans, d’où est originaire Didier Flory. En tout, on compte une petite dizaine de documents sur le site.

Extrait de l'histoire "Pouce, le ver de terre qui avait peur du noir", par Didier Flory (Lire-ensemble.com)

Seulement ? « Nous avons quelques histoires terminées en rab, mais pas encore d’illustrateurs et de traducteurs en LSF », confie-t-il, en quête de subventions. Aussi auteur de quelques livres numériques, Didier Flory cherche notamment à travailler avec des historiens et à valoriser les ressources locales. Parmi ses projets : une histoire sur les 24 heures du Mans. Y’a plus qu’à.

Pour en savoir plus sur la journée mondiale des sourds, consultez la liste des événements organisés.

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