Vous vous intéressez aux projets d’agroécologie et d’agriculture durable visant à préserver les ressources naturelles et souhaitez les soutenir ? C’est possible sur le site Blue Bees.

Dans les environs de Mâcon, Alexandra a besoin de 25 000 euros pour faire face aux aléas climatiques. Au printemps dernier, le gel et la grêle ont détruit une partie de son vignoble en biodynamie (l’idée de concevoir tout naturellement, sans levure artificielle). Elle compte replanter jusqu’à un hectare de vigne. Pour y parvenir, elle fait appel à la générosité des internautes, qui, en échange d’un don avant la date limite, peuvent recevoir une bouteille de vin.

À une heure de là, dans le Jura, Gaëlle Péchot lance une autre campagne de crowdfunding. Dans sa ferme, elle cultive des plantes médicinales pour mettre au point une gamme biologique de cosmétiques. Grâce aux dons, elle espère pouvoir rénover le bâtiment agricole dans lequel elle travaille.

Deux ambitions… sur une seule plateforme : Blue Bees, qui soutient, grâce aux dons ou aux prêts, des porteurs de projets dans le domaine de l’agroécologie et de l’agriculture durable.

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Plus humain que les banques ?

« Lors d’un tour du monde, sur le thème de l’eau, j’ai découvert de nombreux projets non financés faute de crédit », explique Maxime de Rostolan, fondateur d’une ferme biologique en Touraine.

De nombreux projets ne sont pas financés faute de crédit.

De nombreux projets ne sont pas financés faute de crédit.

Voilà pourquoi il lance la plateforme de crowdfunding Blue Bees en 2012. L’idée : remplacer les banques qui ne veulent pas toujours financer des projets agricoles, car considérés comme non-viables.

D’abord, il propose des projets à l’étranger. Deux ans après, une loi encadre les plateformes de crowdfunding et leur prête le statut d’intermédiaire en financement participatif. Ce qui permet à Blue Bees d’accompagner aussi des projets français.

Toutefois, « nous sommes deux à étudier les candidatures et 50% des projet sont validés sur Blue Bees », précise Emmanuelle Paillat, directrice opérationnelle de la structure. Maxime de Rostolan ajoute : « Nous privilégions, pour le prêt, des projets solides. Les autres, moins matures, sont réorientés vers du don. »

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« Protéger l’investisseur »

L’important ? « Il faut que le (la) porteur(se) soit prêt(e) à préparer les contreparties aux participants. Ensuite, poursuit Emmanuelle Paillat, il est nécessaire qu’il ou elle partage nos valeurs sur l’agriculture et monte un projet visant à préserver la planète et à créer de l’emploi»

Concernant les campagnes de prêt, chaque participant peut mettre 20 à 1 000 € sur la table par projet. Une limite visant « à protéger l’investisseur », glisse Maxime de Rostolan*, ajoutant que le taux d’intérêt annuel est en général de 2 %.

À savoir, si une association ou un organisme d’intérêt public lance une campagne de crowdfunding sous forme de dons, et non de prêts, l’utilisateur pourra bénéficier d’une réduction d’impôts sur la somme donnée.

* Le groupe SOS (qui édite Up le mag) et Mercator, la holding du fondateur de Nature & Découvertes, ont investi dans son entreprise.

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"Il est nécessaire que le poteur de projet partage nos valeurs."

“Il est nécessaire que le poteur de projet partage nos valeurs.”

Et ça marche ? D’après le rapport d’activité de l’an dernier, le taux de réussite pour les campagnes de prêt est de 80 %. De leurs côtés, 65 % des campagnes de dons atteignent leur objectif initial avant la date limite, mais si ce n’est pas le cas, la somme levée sera quand même distribuée au projet. Un facteur qui distingue Blue Bees d’autres plateformes, comme Ulule.

Comme d’autres sites de crowdfunding, la plateforme dédié à l’agriculture alternative conserve, pour se financer, 5 % du montant des campagnes de prêts et 8 % des campagnes de dons.

Quelle réussite ?

En 4 ans :

  • 80 projets financés
  • 10 000 contributions

En 2016 :

  • 21 % des utilisateurs ont aidé deux projets
  • Don moyen sur Blue Bees : 67€ (75€, en 2015)
  • Don moyen sur l’ensemble des plateformes de crowdfunding avec récompense : 56€ (selon le baromètre de 2015 de l’association Financement participatif France)
  • Prêt moyen sur Blue Bees : 284€ (268€, en 2015)
  • Prêt moyen sur toutes les plateformes : 426€
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Si le sujet vous intéresse, jetez un coup d’œil à notre article “le #don à portée de clics” dans la 9ème édition d’UP le mag et son dossier spécial

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