L’association Ernest travaille en collaboration avec des restaurants pour nourrir les plus démunis. Grâce à une méthode très efficace et qui ne coûte presque rien : le « pourmanger ».

Et si quelques centimes ajoutés sur votre addition au restaurant servaient à nourrir les pauvres ? C’est le vœu de l’association Ernest, qui, grâce une organisation bien rôdée, récupère ces piécettes pour que les plus démunis aient de quoi manger.

Générosité embarquée

L’association Ernest « fonctionne un peu comme une entreprise familiale : il y a des membres de nos familles qui y travaillent, mais aussi des amis », affirme Eva Jaurena, la cofondatrice de la structure. Avec Laura Boullic, elles ont l’idée de prélever 10 centimes sur chaque addition au restaurant afin de financer des repas aux sans-abris. C’était en juillet 2013, et ce concept solidaire séduit. L’idée, ajoute Eva Jaurena, est « d’apporter des solutions sur des modèles simples qui pouvaient s’intégrer dans des gestes du quotidien ». Le modèle invoqué : la « générosité embarquée », une greffe de générosité sur ces achats du quotidien qui permet à tout un chacun de faire un micro-don.

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Des clients réceptifs

L’association a un mode de fonctionnement local, car Eva Jaurena et Laura Boullic savent pertinemment que c’est l’action de proximité qui peut s’avérer efficace. Aux « Pères Populaires » (cantine du 20ème arrondissement), on prévient les clients (qui peuvent refuser) qu’une dizaine de centimes va être ajoutée à l’addition sur une petite étiquette qu’on appose à côté de la boisson ou du plat. Selon une responsable du restaurant, « les clients sont réceptifs à la pratique et ils acceptent bien volontiers de payer quelques centimes de plus ! ». La recette est ensuite reversée à deux associations de distribution alimentaire situées dans le 19ème et 20ème arrondissement parisien.

Deux ans après le lancement de l’association, Ernest a déjà convaincu vingt-neuf restaurants parisiens, majoritairement situés dans l’est et a continué son chemin à Toulouse, où elle a pu enrôler 39 établissements dans l’aventure. Dans la capitale comme dans la Ville Rose, c’est au total un peu moins de 80 restaurants français qui ont répondu présent ! Après Bordeaux, Ernest s’est même lancé Outre-Manche en prenant ses quartiers à Londres, où de plus en plus de restaurants sont sensibles à son discours.

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Un label pour combattre les inégalités

« Il y a des inégalités aujourd’hui. Comment peut-on y répondre ? Comment consomme-t-on ? De façon solidaire ! C’est le label que nous apportons avec Ernest », affirme Eva, lucide et ambitieuse. L’association, qui a mobilisé plus de 300 associations en deux ans, a dores-et-déjà permis à plus de 3 000 personnes de manger à leur faim.

Depuis novembre 2015, Ernest développe aussi deux fois par trimestre un programme nommé « Restaurer ». Le principe : des bénévoles de l’association viennent cuisiner à partir d’invendus, dans les locaux d’associations d’aide ou de distribution alimentaire. Procédé solidaire et anti-gaspi !

Eva Jaurena développe pour la chaîne Youtube “InFocus Social”, le concept Ernest.

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Retrouvez l’article “Petit arrondi pour grande cause” dans la 1ère édition d’UP le mag.

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