Les 196 parties de la COP21 ont convenu, dans l’accord du 12 décembre, que l’aide climat des pays du Nord aux pays du Sud, censée atteindre 100 milliards de dollars annuels en 2020, doit être un «plancher» amené à être relevé. Il s’agira pour les pays du Nord de poursuivre et de dépasser leur promesse faite, lors de la conférence de Copenhague, en 2009, de solder leur «dette climatique» par le biais de financements publics et privés.

L’engagement financier des pays du Nord est en effet déjà une réalité depuis plusieurs années. L’Union Européenne, notamment,  se targue d’être le plus gros contributeur des fonds relatifs au climat pour les pays en développement.

Des objectifs chiffrés surpassés

En 2009 à Copenhague, les pays développés ont promis de contribuer sur 3 ans, et à hauteur d’environ 30 milliards de dollars à des actions immédiates («fast start finance») d’aide à la lutte contre le changement climatique dans les pays en développement, sur trois ans. L’UE s’était engagée à fournir 7,2 milliards d’euros, soit environ un tiers de cette enveloppe. Elle a finalement dépassé ses objectifs, avec un financement  de 7,34 milliards d’euros, tirés de budgets publics et d’autres institutions de financement du développement, issus des 28 états de l’UE. En 2014, la contribution de l’UE a atteint 14,5 milliards.

En parallèle, la Banque européenne d’investissement (BEI), qui appartient aux États membres de l’UE, s’engage dans des projets liés au climat, au sein de l’UE mais aussi dans des pays en développement. Ces cinq dernières années,  la BEI a investi plus de 90 milliards d’euros dans des projets d’atténuation et d’adaptation en Europe et ailleurs dans le monde, dépassant son objectif de consacrer un quart de son activité à des actions pour le climat. Pour les pays en développement, la BEI a notamment augmenté son soutien à plus 2 milliards d’euros par an.

Réduire et anticiper les risques

Dans les pays en développement, les projets financés par l’UE sont de différentes sortes. En 2013, l’enveloppe de 9,5 milliards d’euros débloquée par l’UE a été répartie de cette manière : 63% pour l’atténuation du changement climatique, 16% pour l’adaptation et 21% pour des mesures transversales. L’adaptation consiste à renforcer la résilience des communautés et des économies face aux risques climatiques.

Ces projets sont notamment financés par les agences de développement des états membres ou des financements communautaires. «Un programme financé par l’UE contribue à intégrer le changement climatique dans les politiques de développement en Amérique latine. Dans les petits États insulaires en développement et dans les pays africains les plus pauvres, l’UE participe à réduire les risques de catastrophes naturelles liées au climat, comme les cyclones, les inondations et les sécheresses», soulignait récemment Pierre Moscovici, Commissaire européen aux Affaires économiques et financières, dans une tribune co-signée avec les commissaires de l’action pour le climat et de la coopération internationale.

Du côté des mécanismes de prêts de l’UE via la BEI, la cour des comptes européenne, d’ordinaire plutôt critique, se félicite, dans un rapport, de leur efficacité. Elle mentionne en particulier le projet à 600 millions d’euros d’un parc éolien au lac Turkana, au Kenya. Dès septembre 2016, ce parc, qui sera le plus grand d’Afrique subsaharienne, fournira 20% de l’énergie du Kenya. La BEI a octroyé un prêt de 150 millions d’euros pour ce projet, sans lequel, selon les auditeurs, «il n’aurait pas vu le jour». Ce prêt a en effet permis d’attirer d’autres investisseurs, rassurés par cet apport.

Des efforts à poursuivre

Pour les prochaines années à venir, l’Union Européenne, entend et devra poursuivre ses efforts dans les pays en développement pour respecter ses engagements. Elle a déjà annoncé qu’au moins 20% de son budget sera consacré à l’action climatique d’ici 2020. Au moins 14 milliards d’euros de fonds publics, sur une base moyenne de 2 milliards par an, doivent soutenir les activités des pays en développement entre 2014 et 2020. Soit le double des investissements sur la période 2012-2013.

La BEI a annoncé qu’elle accroîtra de 25% à 35% la part de ses prêts soutenant des investissements liés au climat dans les pays en voie de développement. Cela devrait permettre de débloquer 110 milliards de dollars US au cours de 5 prochaines années.

Cette publication s’inscrit dans une action qui fait l’objet d’un soutien financier de la part de l’Union Européenne. Elle n’engage que son auteur et la Commission Européenne n’est pas responsable de l’usage qui pourrait être fait des informations qu’elle contient.


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