Au lendemain des attentats de Paris perpétrés par l’Etat Islamique, la question du maintien de la Conférence sur le Climat à Paris s’est naturellement posée. La COP 21, qui débutera à Paris-le Bourget le 30 novembre prochain et qui accueillera plus d’une centaine de chefs d’Etat, se déroulera finalement comme prévu mais la sécurité sera renforcée.

Après les attentats meurtriers du 13 novembre, qui ont fait 129 morts et 350 blessés, François Hollande a décrété l’état d’urgence. Un climat menaçant loin d’être idéal à quelques jours d’accueillir le plus grand événement diplomatique français depuis 1948. 118 chefs d’Etat et 40 000 personnes engagés contre le réchauffement climatique doivent arriver à Paris pour la Conférence sur le Climat qui se déroulera du 30 novembre au 11 décembre. Alors que la menace était déjà présente après les attentats de Charlie Hebdo et de l’hyper Casher en janvier dernier, les événements du 13 novembre remettent en question le maintien de la Conférence, où 196 parties doivent trouver un accord mondial contraignant pour maintenir la hausse du réchauffement climatique global à +2°C. Malgré un dispositif de sécurité exceptionnel, déjà pensé pour se prémunir d’attaques terroristes, la France est-elle en mesure d’assurer le bon déroulement de la COP21 ?

Le gouvernement, résolu à maintenir la COP21

La réponse est “oui” pour le gouvernement français ! “Au contraire, plus que jamais ! Sinon, c’est le terrorisme qui gagne” affirme la ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, au journal Le Point. “La COP21 doit se tenir” pour Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et Président de la Conférence sur le Climat. “Elle se tiendra avec des mesures de sécurité renforcées, mais c’est une action absolument indispensable contre le dérèglement climatique”, ajoute-t-il fermement. “C’est un rendez-vous essentiel pour l’humanité”, a rappelé Manuel Valls, invité sur le plateau du 20h de TF1. “Au fond, c’est l’une des plus belles réponses que nous pouvons donner à ceux qui s’attaquent à nos valeurs, à notre démocratie (…) nous ne devons pas céder”, a-t-il estimé. Certains membres du parti d’opposition, Les Républicains, dont son président Nicolas Sarkozy, selon certaines sources proches de l’ancien président, ont montré plus de réserves en estimant le report de la COP21 nécessaire face à un risque trop grand. Barack Obama a rapidement manifesté son soutien en réaffirmant sa présence à l’ouverture de la Conférence pour le Climat.

Des mesures de sécurité renforcée

“Nous allons avoir des réunions de travail dans les heures qui viennent. Il faut, puisqu’il s’agit d’une conférence internationale, que nous ayons des échanges avec nos correspondants onusiens”, expliquaient à la presse les organisateurs de la COP21 sur le renforcement du plan de sécurité. Un plan qui sera réhaussé mais qui ne sera, semble-t-il, pas révélé au grand public afin de ne pas donner d’informations aux organisations terroristes. Pour l’heure, un important dispositif avait déjà été prévu pour la COP21 et pour les évènements attenants. Peu avant les attentats du 13 novembre, le gouvernement avait annoncé un renforcement des contrôles aux frontières avec 30.000 policiers mobilisés pour sécuriser l’entrée sur le territoire. 4 à 5 000 CRS et policiers étaient informés depuis longtemps de leur participation à la sécurité de la « Marche mondiale pour le climat », prévue le 29 novembre. Des mesures étaient également largement prévues pour assurer la sécurité au Grand Palais, où se tiendra une grande exposition sur les solutions des entreprises contre le réchauffement climatique. Mais, ce lundi 16 novembre, le premier ministre, Manuel Valls, a annoncé que celles-ci pourraient être annulées. “Les conditions d’organisation font que toute une série de manifestations n’aura pas lieu. Certains concerts, certaines manifestations plutôt festives seront sans aucun doute annulées”, a-t-il déploré.

L’état d’urgence maintenu ?

A Paris-le Bourget, un important dispositif de sécurité prévoyait déjà le contrôle de déminage des véhicules, une détection électromagnétique de toute personne participant aux négociations en vue d’un accord sur le climat et le déploiement, sur les trois zones de sécurité établies sur le site, d’un personnel qualifié chargé de déceler tout comportement suspect. Placée sous l’autorité de l’ONU, la zone 1, lieu de rencontre des 196 parties invitées à négocier, sera protégée par des casques bleus. Aux abords du Bourget, la sécurité sera confiée à la Police aux frontières. Enfin, si l’état d’urgence est maintenu, comme le souhaite François Hollande, d’autres mesures pourraient s’ajouter au dispositif prévu, notamment la mise en place d’un couvre-feu dans certaines zones sensibles.


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