Les dernières négociations avant la COP 21 se sont tenues la semaine dernière à Bonn. 195 pays ont participé aux discussions destinées à trouver un accord mondial sur le climat. Après 5 jours de débats, parfois tendus, les délégués ont finalement approuvé un texte de négociation qui comporte cependant plusieurs imperfections.

Dernière ligne droite avant la conférence internationale pour le climat, 195 délégations se sont réunies à Bonn pour définir un texte de négociation. Après des débats difficiles qui ont requis la présence de médiateurs, un texte a finalement été approuvé vendredi 23 octobre. S’il s’agit d’un bon début, le texte, censé déboucher sur un accord mondial pour contenir le réchauffement climatique, apparaît imparfait. La négociatrice française, Laurence Tubiana, a notamment critiqué son manque de lisibilité après qu’il soit passé de 20 à 55 pages. Le texte devait présenter de façon claire les options à trancher lors de la COP21. Si le suivi des engagements nationaux de réduction des gaz à effet de serre a été clarifié, les questions épineuses du financement des politiques climatiques des pays du sud par les pays du nord et des compensations quant aux dommages subis par le réchauffement sont encore loin d’aboutir à une entente.

Pays développés versus pays en développement

Au-delà du financement, les pays du sud, qui vont s’engager pour la première fois à réduire leur émission de gaz à effet de serre, revendiquent une limitation à +1,5°C du réchauffement climatique mondial alors que l’accord espéré prévoyait de contenir la hausse du thermomètre mondial sous la barre des +2°C. Les pays du sud ont rappelé la responsabilité des pays du nord dans le réchauffement et attendent de ces derniers des engagements financiers aux projets “climat” qui seront lancés à partir de 2020. Les pays du sud souhaitent aussi que ces fonds ne soient pas exclusifs à la réduction des émissions de gaz à effet de serre mais soient adaptés aux types d’impacts du réchauffement climatique rencontrés dans leur pays (hausse du niveau de la mer, sécheresse…). Pour leur part, les pays développés estiment que les pays émergents sont capables de contribuer à l’effort financier.

Emissions de CO2 par pays et par habitant

CO2 par pays              CO2 par hab

Des négociations qui s’annoncent très difficiles

“Nous n’avons pas réellement négocié cette semaine, nous avons clarifié les options, mais nous ne pourrons pas répéter ça la prochaine fois, vous devez être prêts à négocier à Paris dès le premier jour”, a déclaré l’ambassadrice française, qui appelle à “un esprit de compromis” lors des prochaines rencontres, selon l’AFP. Une réunion ministérielle se tiendra du 8 au 10 novembre à Paris. Les questions politiques y seront discutées pour permettre l’adoption du futur accord. Les chefs d’Etats du G20 se rencontreront en Turquie à la mi-novembre. Enfin, la tant attendue COP21 débutera le 30 novembre à Paris. Les chefs d’Etat puis les délégations négocieront l’accord définitif tandis que les ministres finaliseront les derniers arbitrages.


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