La ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, a annoncé, le 14 octobre dernier, qu’Engie (ex-GDF-SUEZ) n’investira plus dans le charbon. Le combustible représente pourtant 20% de la production électrique du géant français de l’énergie.

Engie (ex-GDF-SUEZ) n’investira plus dans le charbon et devrait abandonner plusieurs projets en cours. « Il faut être logique. On ne peut pas d’un côté déplorer les effets catastrophiques du dérèglement climatique et de l’autre continuer à investir dans les énergies fossiles », a déclaré Ségolène Royal, sur RMC et BFM TV, au lendemain d’une réunion stratégique avec les administrateurs du groupe. L’Etat, détenteur de 32,76% du capital d’Engie avait déjà pris la décision de ne plus participer aux investissements dans le charbon, secteur qui représente pourtant 20% de la production électrique du groupe.

Une annonce en demi-teinte

Après l’abandon d’un projet de centrale au charbon en Afrique du Sud, c’est au tour d’un projet semblable, en Turquie, d’être avorté. Pour autant, deux projets d’installation, en Mongolie et au Brésil, seront maintenus car ils font déjà l’objet d’un engagement ferme de la part de l’énergéticien. Quatre autres centrales à charbon sont en construction au Brésil, au Chili, en Inde et au Maroc. Les six centrales seront donc les dernières construites par le groupe français et s’ajouteront à un parc de 30 centrales à charbon, exploitées par Engie, à travers le monde. Par ailleurs, le magazine Challenge révèle que le groupe « a mandaté des banques américaines, australiennes et asiatiques pour sonder le marché sur la vente des centrales à charbon que le groupe possède en Asie et en Australie ». Selon le magazine, Engie pourrait emprunter la voie de la cession, bien que le marché ne soit pas très favorable.

Un PDG impliqué pour la COP 21

Le groupe souhaite désormais orienter ses investissements vers des énergies plus vertes, comme le gaz naturel et les énergies renouvelables. Le PDG d’Engie, Gérard Mestrallet, serait même le chef de fil des partenaires privés de la COP 21, qui se déroulera dans quelques semaines à Paris. Selon le magazine Challenges, le groupe aurait versé près de 650 000 euros en sponsoring pour l’évènement. Surprenant, si l’on considère les chiffres de l’association « Les amis de la Terre » qui accuse Engie et EDF d’émettre 151 millions de tonnes de CO2 par an à elles deux.


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