Fan de Flaubert, vous avez toujours rêvé de mieux connaître l’univers de l’écrivain ? Sauf que… les cours à horaires fixes, très peu pour vous. Apprendre pour soi, sans réelles contraintes et à son rythme. C’est la promesse (plutôt alléchante) des serious games et des moocs, deux formats d’apprentissage de plus en plus répandus. Décryptage.

En 10 clics et 5 min, vous venez de comprendre comment se propage un virus. Et pourtant vous n’êtes pas Louis Pasteur ! Voilà tout l’intérêt des serious games : on apprend sans vraiment s’en rendre compte. Le serious game (littéralement,« jeu sérieux ») comporte tous les atouts d’un jeu vidéo : il est immersif et interactif. Avec la particularité de délivrer un message, qui peut être informatif, de formation, de sensibilisation… Son credo ? C’est en faisant qu’on apprend ou du moins qu’on comprend.

Plaisir programmé

L’idée est apparue aux États-Unis, au début des années 2000. Depuis, le phénomène a gagné la France. Les secteurs de l’éducation et de la santé s’en sont emparés mais aussi les entreprises qui, crise oblige, l’utilisent de plus en plus pour former leurs employés à moindre coût. Selon Jordane Paquet, directeur d’Interaction Games, entreprise spécialisée dans la création de jeux sérieux depuis 2004, «le marché pèse aujourd’hui près de 60 millions d’euros en France. Il s’agit, pour 60 % de serious games de formation professionnelle et pour 40 % de contenus accessibles à tous.» Pourquoi ça marche ? Il y a une explication scientifique à cela. Pour se récompenser d’un apprentissage, l’homme sécrète de la dopamine, une hormone du plaisir, puissante et addictive. Plus il apprend, plus il en produit. Dans un environnement de jeu, lorsque la récompense se révèle inattendue, ses effets sont démultipliés.

TÉMOIGNAGE : Romain Sylvian, 21 ans

« Après un stage sur l’entreprenariat à HEC, j’ai eu envie d’approfondir le sujet. Un prof nous avait parlé des moocs, je suis allé voir sur le site Coursera. Je suis tombé sur le cours de Stanford  « Comment monter une entreprise à but technologique ? ». J’ai proposé à mon ami Mohammed de le suivre avec moi, de mi-juin à fin septembre 2013. En 12 semaines, on devait pouvoir monter notre entreprise. À l’issue, on pouvait participer à un challenge pour mettre ces nouvelles connaissances en pratique. C’était un vrai plaisir. Je m’amusais. On a créé un outil pour les développeurs. Il y avait plus de 900 projets en lice. On s’est retrouvés premiers. Ça nous a propulsés. On a été démarché par des Américains pour créer une boîte. C’est l’expérience la plus bénéfique de mon début de vie ! »

Je joue donc j’apprends

Les serious games sont une vraie mine de savoir. Ils nous aident à mieux comprendre les enjeux du monde, décrypter l’actualité avec les jeux d’information, ou à se former sur un sujet précis : les gestes de premier secours, le code informatique, les bases de l’entreprenariat, etc. Quinze minutes dans la peau d’un jeune réfugié dans le jeu « Envers et contre tout » vaut sans doute plus qu’un long article sur le sujet. Idem quand on joue à Stop Disasters, un jeu imaginé par l’ONU sur la complexité de gestion des catastrophes naturelles. On dispose de 25 minutes pour construire de quoi loger 300 personnes, les soigner, tout en protégeant l’île du cyclone qui s’annonce. « À la différence d’un article qui a un début, un milieu et une fin, le serious game est du registre de la discussion plutôt que du discours, analyse Florent Maurin, fondateur de The Pixel Hunt, société spécialisée dans le newsgame. Le joueur peut manipuler et mieux comprendre la conséquence de ses actes. »

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