À quand une interdiction des cirques avec animaux ?


Paris réfléchit à une interdiction des cirques avec animaux sauvages. En attendant que le gouvernement se positionne sur le sujet, la municipalité a lancé une mission « Animaux » pour réfléchir à la place des espèces sauvages en milieu urbain.

L’annonce, en 2016, avait fait un peu de bruit. André-Joseph Bouglione, l’un des petits-fils de la célèbre famille foraine avait expliqué vouloir arrêter les spectacles avec animaux. Pour justifier ce choix à 30 millions d’amis, il avait évoqué un sondage « qui indiquait que 80 % des Français étaient sensibles à la cause animale ». « Notre métier, avait-il poursuivi, c’est de faire un spectacle pour la famille. Si une très large majorité des familles est sensible à la cause animale, on ne peut pas continuer à faire un spectacle qui les dérange. Je ne me voyais pas continuer à présenter des animaux à des gens qui ressentent une gêne morale en venant au cirque. » Les membres de sa famille, qui vivent entourés de ces espèces depuis plusieurs décennies, s’étaient désolidarisés de cette décision et avaient choisi de poursuivre l’aventure avec tigres et éléphants. Un peu plus d’un an plus tard, c’est toujours le cas, mais pour combien de temps encore ?

Après la mort en novembre dernier d’un tigre qui s’était échappé d’un cirque – abattu par son propriétaire – les élus de Paris ont voté à l’unanimité un texte prenant position sur l’interdiction des cirques avec animaux sauvages. Il s’agissait d’une réponse au vœu du groupe UDI-Modem et surtout des écologistes, partisans de longue date d’une interdiction pure et simple de ces spectacles en zone urbaine. Néanmoins, le vœu de la majorité ne précise aucune échéance et renvoie la balle à l’État, qui a les compétences pour légaliser ce type d’interdiction, au contraire des mairies.

« Se positionner politiquement »

Paris, ville Lumière CC0 Public Domain (pixabay)

David Belliard, président du groupe écologiste parisien, applaudit ce vote. L’élu de Paris est ravi que le débat sur la condition animale prenne « de l’ampleur dans le débat public » depuis quelques années, et notamment « grâce aux vidéos de L214 ». En revanche, il attend que l’État prenne les choses en main et que le débat s’ouvre – enfin – « à l’Assemblée nationale » en vue de l’élaboration d’une loi portant sur une interdiction des cirques avec animaux sauvages. La législation pourrait aussi venir du gouvernement à qui les écolos parisiens ont écrit une lettre ouverte afin que le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot s’engage sur ce point.

Car, pour l’instant, même si une soixantaine de villes se sont prononcées pour la fin de ces spectacles, ces derniers peuvent toujours avoir lieu. « Le vote au sein d’un conseil municipal n’est qu’une manière de se positionner politiquement », précise David Belliard, très impliqué dans le débat sur le rapport que « les humains entretiennent avec les autres êtres vivants ».

Une mission « Animaux »

Le verre n’est donc qu’à moitié plein, pour lui. Mais celui-ci a une autre raison de se réjouir. Anne Hidalgo a accepté, il y a plusieurs semaines, d’ouvrir une mission « Animaux », à laquelle participent tous les groupes politiques de la capitale, et en particulier les écologistes. But de l’opération : « mener une réflexion sur la place des animaux » dans l’espace urbain, explique David Belliard. À l’occasion, lui et les autres membres d’EELV Paris militent pour que les espèces sauvages soient à terme remises dans leur milieu naturel ou, alors, au sein d’une zone qui y ressemble.

Mais le débat, à l’intérieur de cette mission, est plus large. « On y parle abattage, chute du nombre de moineaux , gestion des rongeurs dans la capitale. On échange également sur la biodiversité, sur les chats et les chiens errants » pour trouver des pistes et des solutions. Les conclusions seront rendues « durant le premier semestre de l’année ».


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