Dans son rapport annuel publié ce jeudi 9 novembre, le Secours catholique revient sur la situation de ses bénéficiaires et démonte quelques idées reçues sur la pauvreté.

La pauvreté ne faiblit pas. Le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, en France, a augmenté d’un million depuis la crise financière de 2008 pour atteindre aujourd’hui près de 9 millions de personnes, rappelle le Secours catholique dans son rapport annuel. Le revenu médian des ménages rencontrés par le Secours catholique était de 548 euros en 2016, soit 3 euros de plus qu’en 2010. Sachant que le seuil de pauvreté est fixé à 1 015 euros par mois et que le revenu médian dans la population française était de 1 695 euros.

En se basant sur les statistiques de ses bénéficiaires, l’association signale notamment la proportion importante de femmes seules avec enfants, qui a augmenté de manière régulière depuis le début des années 2000. Elles représentent depuis plusieurs années une forte majorité des adultes de nationalité française (environ 60 %) et une légère majorité des adultes étrangers accueillis (51,7 %). Mais les couples avec enfant(s) se précarisent également. Les couples avec enfant(s) représentent 24,2 % des ménages accueillis en 2016, soit une augmentation de 2 points en cinq ans et de 0,5 point entre 2015 et 2016.

Regarder les chiffres en face

Le Secours catholique signale aussi l’augmentation des situations d’extrême pauvreté chez les étrangers, qui représentent 39 % des personnes de référence rencontrées en 2016, soit une croissance de près de 3 points par rapport à 2015. « Il est important de souligner que cette surreprésentation croissante des étrangers dans les accueils ne résulte que très marginalement de l’augmentation de leur part dans la population générale. Cette part est restée en effet relativement stable au cours des cinq dernières années (entre 6 % et 7 %). Leur surreprésentation dans les accueils est avant tout la conséquence d’une situation légale, sociale et économique de plus en plus précaire », précise le rapport.

Au-delà des constats, l’association revient surtout dans ce rapport sur les préjugés à l’égard des personnes pauvres et démonte, chiffres à l’appui, les idées reçues comme « les pauvres font des enfants pour toucher les allocations familiales », « si on cherche du travail, on trouve » ou encore « les étrangers viennent profiter de la générosité du système social français ». Sur ce dernier point, elle explique par exemple que la grande proportion de ménages étrangers accueillis ne perçoit aucune ressource (44 %) issue de travail ou aides sociales.

L’association a aussi publié une animation interactive, démontant trois idées reçues : « Les pauvres sont des fainéants », « les pauvres sont des profiteurs » et « les pauvres sont des incapables ». Chacune d’entre elles est battue en brèche, avec chiffres,  témoignages et analyses du sociologue Serge Paugam. On y apprend notamment que, en 2016, 40 % des personnes rencontrées par le Secours Catholique qui avaient le droit au RSA n’en ont pas fait la demande, tout comme 31 % des familles qui pouvaient bénéficier des allocations familiales n’y ont pas recouru. De plus 62,1% des personnes rencontrées par l’association ne sont pas au chômage. On a connu mieux, pour des fainéants !


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