EN BREF – L’ONG environnementale a commandé un rapport à des experts indépendants sur la sûreté des installations nucléaires françaises et belges face au risque terroriste. Les conclusions, sont, selon elle, inquiétantes.

Les centrales nucléaires en France et en Belgique sont-elles assez protégées face aux risques d’attaques extérieures ? Sept experts indépendants ont planché sur cette question à la demande de Greenpeace France. L’ONG affirme que leurs conclusions, réunies dans un rapport, prouvent que les installations sont « très mal protégées » face au risque terroriste.

L’association explique avoir fait le choix de ne rendre publique qu’un résumé de ce rapport, par précaution, pour ne pas mettre en évidence la vulnérabilité des installations sous le nez de personnes malveillantes. Mais cette vulnérabilité a pu être démontrée, selon elle, à partir d’informations publiques (publications des industriels, bases de données et articles notamment) analysées par les experts. La version intégrale du rapport a été remise aux hauts fonctionnaires du SGDSN (défense nationale), de l’ASN et de l’IRSN (sûreté nucléaire) et aux ministres concernés.

Greenpeace alerte plus particulièrement sur la sûreté des piscines d’entreposage des combustibles usés. Il y en a en France autant que le nombre de réacteurs, c’est à dire 58. Si l’une de ces installations était endommagée, empêchant le refroidissement des combustibles, cela entraînerait un échappement grave de radioactivité dans l’atmosphère.

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Interrogé par Le Monde, Philippe Sasseigne, directeur du parc nucléaire d’EDF, a récusé ces conclusions. « Nos installations – piscines comprises – ont été conçues pour résister à tout type d’agression d’origine naturelle ou humaine, chutes d’avion incluses », assure-t-il. Il précise qu’en plus des équipes de sécurités d’EDF, un millier de militaires du peloton spécialisé de protection de la gendarmerie nationale sont répartis dans les différentes centrales. De plus, 700 millions d’euros vont être investis dans le renforcement de la sécurité d’ici à 2023, indique-t-il. Cela sera-t-il suffisant ? Difficile, quand on n’est pas expert, d’y voir clair.


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