Cela faisait des années que Greenpeace demandait au géant mondial du thon de prendre ses responsabilités pour la préservation des océans et le droit des travailleurs. Après plusieurs actions citoyennes, une pétition et un travail sans relâche, la victoire est dans la boîte ! 

Deux ans de campagne acharnée, une multitude d’actions sur le terrain et pas moins de 700 000 signatures récoltées. C’est ce qu’il aura fallu à Greenpeace pour faire plier Thai Union, connue en France pour être la maison mère de Petit Navire.

La multinationale thaïlandaise de pêche et de transformation de produits de la mer s’est enfin engagé à « prendre des mesures qui permettront de réduire significativement l’utilisation des dispositifs de concentration de poissons (DCP), de protéger celles et ceux qui travaillent sur les bateaux de fournisseurs, et de renforcer le soutien du groupe pour le développement d’une pêche durable« , se félicite l’ONG sur son site. Avant de poursuivre : « C’est un virage à 180° qui envoie un signal fort à toute l’industrie de la pêche, démontrant qu’il est possible de faire mieux pour la protection des océans et des travailleurs de la mer. » Le groupe est depuis longtemps soupçonné de travail forcé.

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Restons vigilants

Force est de constater qu’il s’agit d’un pas de géant en faveur de l’environnement et des ressources marines. Selon Thiraphong Chansiri, PDG du groupe, « Thai Union a complètement saisi son rôle de leader pour un changement positif« . Une prise de conscience de la part du n°3 mondial du thon en boîte qui pourrait peut-être faire surface chez d’autres entreprises du secteur maritime…

C’est en tout cas ce qu’espèrent les membres de Greenpeace : « Afin d’obtenir des résultats positifs avec de réels impacts sur les écosystèmes marins, les navires de pêche devront pleinement coopérer (…) Il est nécessaire et urgent de soutenir des pratiques de pêche environnementalement et socialement responsables. »

Car, selon un rapport publié en juillet 2011 par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), la majorité des espèces de thons est menacée par la surpêche, dont les deux espèces de tons rouges, pour lesquelles l’organisation internationale préconisait déjà un arrêt total des prises, afin que les stocks se reconstituent. Cinq ans plus tard, c’était au tour du thon albacore, privilégié pour les conserves, d’être à son tour menacé de disparition dans l’océan Indien.

De bon thon d’agir

Que ce soit à l’échelle mondiale ou individuelle, nous pouvons tous agir pour réduire la pression sur les ressources marines. Et cela commence au supermarché, en achetant  moins de thon. Il faut savoir que les Français consomment en moyenne pas moins de 2,7 kg de thon par an, le plus souvent en conserve et issu d’une pêche non durable.

Si vraiment, vous voulez préparer pour l’été la traditionnelle pizza au thon ou une salade à base d’émiettés de ce poisson riche en oméga 3, privilégiez un produit issu de la pêche durable (à la ligne ou à la canne). Pour vous aider dans votre choix, Greenpeace avait également publié en 2015 un classement des marques les plus éthiques. Parmi elles, Système U, Connétable et Phare d’Eckmühl du groupe Chancerelle, et Carrefour. E. Leclerc, Saupiquet et Intermarché faisaient, quant à eux, parties des mauvais élèves.

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