Une startup vient de lancer une plateforme web gratuite qui permet de se désabonner et supprimer ses newsletters en quelques clics. Cleanfox se veut un service pratique doublé d’une solution pour réduire l’empreinte carbone des usagers du net. Mais l’impact est-il réellement conséquent ?

3495. C’est le nombre de mails qui encombrent probablement votre messagerie. Comme 95 % de vos congénères, vous ne les supprimez pas systématiquement et êtes même abonné à une bonne dizaine de newsletters qui ne vous intéressent plus. Faire le ménage vous décourage et vous n’en voyez, de toute façon, pas très bien l’intérêt.

La startup Misterfox, qui gère les réclamations pour les retards de train, vous présente son petit frère, Cleanfox, un tout nouveau service ultra pratique pour nettoyer sa boîte mail en quelques minutes. Le lien ? Une technologie permettant d’établir une connexion sécurisée avec les messageries pour lire les mails commerciaux. « On s’est demandé ce qu’on pouvait en faire de plus utile et on a pensé aux newsletters. Avec les spams, elles représentent plus de 90 % des flux d’emails et ne seraient ouvertes qu’à hauteur de 10 %. Au-delà de désencombrer les boîtes mails, on sauve des tonnes et des tonnes de CO2 », raconte Edouard Nattée, fondateur de l’entreprise.

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La pollution digitale ne se résume pas au carbone…

Il suffit donc de connecter sa boîte mail (Gmail, Hotmail, Yahoo, Orange…) à Cleanfox, qui va répertorier toutes vos newsletters et vous proposer de les supprimer et/ou de vous désabonner. À la fin, le service vous propose les statistiques liées à votre écogeste. Exemple : pour 2 300 mails supprimés, ce ne sont pas moins de 23 kg de CO2 économisés, soit 5 arbres sauvés. « Un arbre peut absorber 5 kg de CO2 par an », explique Edouard Nattée. « Avec l’exemple des arbres, les gens peuvent imaginer la taille de la forêt mobilisée uniquement pour compenser l’empreinte carbone de leurs mails », poursuit-il.

En vérité, les arbres ne sont pas « sauvés » mais plutôt redirigés pour compenser autre chose. Aussi, l’image apparaît simpliste car le taux d’absorption du CO2 par un arbre dépend de l’espèce et de l’âge du spécimen. Ajoutons que la pollution digitale n’est pas seulement mesurable en kilo de carbone et que 80 % des impacts sur l’environnement seraient concentrés sur la simple fabrication des objets connectés. Pour Fréderic Bordage du blog GreenIT, « le stockage n’est pas le principal problème », pointant surtout les comportements des utilisateurs.

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… mais vider sa boîte mail reste impactant

Cleanfox

Source : Cleanfox

« Évidemment, dans l’idéal, il faudrait que les gens « scrollent » moins leur Facebook ou « streament » moins sur Youtube, mais si dans les 5 minutes je veux améliorer mon empreinte carbone, clairement le mail, c’est le truc le plus simple qui soit », rétorque Edouard Nattée. « Les gens ont envie de choses faciles à faire. En supprimant quelques newsletters, c’est faisable sans impacter son bien-être. »

Un argument qui fonctionne, puisqu’une semaine après le lancement du service, la startup comptait déjà 5 millions de mails nettoyés. À raison de 10 grammes de CO2 pour le stockage d’un mail durant une année, 50 tonnes d’émissions ont été évitées. Un impact pas si minime… Et si on s’y mettait tous ?

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Retrouvez l’article « Quand le web se rend utile pour la planète » dans la 13ème édition de UP le mag

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