Que savons-nous des vêtements que nous portons ? Souvent, pas grand-chose. Une toute jeune marque toulousaine, vegan et écolo, entend révolutionner le secteur de la mode en affichant la traçabilité complète de chaque pièce de sa collection.

Si on peut lire la composition et le pays où ont été confectionnés nos vêtements grâce aux étiquettes, qu’en est-il de la provenance de la matière ? Quid des engrais, des produits chimiques ou du volume d’eau utilisés, des conditions de travail et des salaires des ouvriers ?

Juste la révolution textile

Myriam Underwood travaille au lancement de la nouvelle collection. @JUSTE la révolution textile

Après avoir travaillé dans la mode, Myriam Underwood décide de lancer sa propre marque : JUSTE, la révolution textile. « Dans les bureaux, nous étions complètement déconnectés de la fabrication des produits », explique-t-elle. « Du coup, la valeur numéro 1 que je voulais intégrer à ma marque était la traçabilité », poursuit l’entrepreneure, qui s’est vite aperçue qu’il s’agissait là, d’un « gros challenge ».

D’autres valeurs se greffent naturellement au projet. L’aspect local « car je ne vois pas l’intérêt d’aller fabriquer un vêtement à l’autre bout de la planète si on est capable de le faire localement » mais aussi écologique. « Ça a été une découverte de constater que ce n’est pas parce qu’un produit est certifié bio qu’il est écologique », lance Myriam Underwood.

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Le lin, un textile made in France

En 2015, après deux ans de recherche et de travail, la marque voit le jour. Les dix étapes de fabrication, transparentes, sont accessibles aux consommateurs. Si la première collection comporte des pièces en laine, la fondatrice, engagée, décide rapidement de ne plus utiliser de matière animale : « le système de récolte de la laine ne me convenait pas ». Le lin devient alors la matière de prédilection de la marque.

« Le lin, c’est local. 80 % de la production se fait en France, les 20 % restants en Belgique et aux Pays-Bas », précise Myriam Underwood, qui n’hésite pas à comparer la matière à du bon vin, « pour pousser, le lin a besoin d’un terroir très particulier. On ne le trouve que sur une bande côtière au nord de la France ». Plus écologique, il ne requiert ni engrais, ni pesticides, ni irrigation. Rien à voir avec le coton, qui nécessite 3 000 litres d’eau pour l’équivalent d’un t-shirt…

Autre atout, la transformation de la plante en fibre est mécanique et non chimique, ce qui exclut le contact de la peau avec des substances parfois toxiques.« Sans compter qu’il y a aussi des OGM dans la culture du coton. On ne veut pas manger d’OGM mais on porte des OGM. C’est super contradictoire », estime la fondatrice de JUSTE.

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Un vestiaire responsable à prix modéré

Juste la révolution textilePlus basiques que tendance, les collections s’adressent aux adultes de tout âge. « L’idée était de créer un vestiaire intemporel et intergénérationnel, pratique et confortable pour la vie de tous les jours », indique Myriam Underwood.

Évidemment, le prix d’un article éthique est plus cher que ceux des grandes enseignes populaires mais reste accessible. La marque, transparente là aussi, tente de limiter au minimum sa marge et de toujours considérer le prix final lors du design. « S’il faut faire moins de détails sur une pièce pour qu’elle reste moins chère, je le fais », signale l’entrepreneure. Pour réduire les coûts, trois étapes de fabrication déménageront d’ailleurs au Portugal. De quoi peut-être permettre le développement de la marque dans les boutiques et les grands magasins.

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