L’arrondi solidaire permet de donner à l’association de son choix, via son bulletin de salaire ou son ticket de caisse en supermarché.

Bananes, pain, tomates… Pierre-Alexis, 22 ans, dépose ses courses sur le tapis de la caisse enregistreuse. « Vous prenez l’arrondi ? », interroge la caissière. L’étudiant hoche la tête. Au lieu des 12,33 euros dus, il paie 13 euros, faisant don de 67 centimes à la Croix-Rouge française. Le Franprix du 102, rue Réaumur à Paris est le premier magasin en France à avoir mis en place « l’arrondi en caisse ». Un concept importé du Mexique par Pierre-Emmanuel Grange, fondateur de MicroDon en 2009. Son  credo ? La « générosité embarquée ». L’idée : rendre le don plus facile, « à travers les transactions de la vie quotidienne ».

L’arrondi sur salaire

Première transaction : le salaire. Inspiré du payroll giving né il y a 25 ans en Angleterre, « l’arrondi sur salaire » permet au salarié de faire un micro-don à l’association de son choix, sur son net à  payer. Ce don est ensuite doublé, l’employeur donnant à son tour une somme équivalente. Ce système permet à l’APGO (l’association des organisations de payroll giving) de collecter 100 millions de livres par an. En France, MicroDon est la  seule structure à proposer l’arrondi. Parmi la quinzaine d’entreprises l’ayant déjà adopté, Accenture. Chaque mois, les salariés du cabinet de conseil peuvent verser un  euro à l’Institut du service civique ou à Passerelles numériques, une association qui forme à l’informatique au  Cambodge. En un trimestre, 1 372 euros ont été collectés. « C’est une bonne action : si nous donnions tous un euro par mois, la somme serait énorme », souligne Dominique Calmels, directeur financier d’Accenture.

Opération réussie pour Yachad

Yachad, à Paris, a bénéficié en novembre de l’une des opérations de générosité en caisse de l’entreprise sociale MicroDon : 1 300 € collectés en 48 heures. L’association de soutien aux familles monoparentales a gagné en visibilité, a pu organiser une fête avec ses bénéficiaires afin de les sortir  de l’isolement, et a même recruté quelques bénévoles !

La générosité en caisse

En parallèle, MicroDon a expérimenté pendant quatre ans son système d’arrondi en caisse en grande surface, via des cartes de don d’une valeur de deux euros à « faire passer en caisse comme n’importe quel article », explique Pierre-Emmanuel Grange. Aujourd’hui, l’entreprise sociale propose au client d’arrondir ses achats à l’euro supérieur.  A partir d’octobre, une dizaine d’enseignes de la distribution alimentaire rejoindra le supermarché pilote du 102, rue Réaumur. « Si 1 % des clients demandent l’arrondi, plus de cinq millions d’euros par an pourraient être collectés », affirme Pierre-Emmanuel Grange. Au Franprix parisien, en une journée, le montant des dons s’élève à 90 euros. Ils seront reversés à un fonds de dotation, qui les redistribuera à l’antenne locale de la Croix-Rouge. « L’arrondi à la caisse, c’est plus facile que d’envoyer un chèque à une association », lance Pierre-Alexis, avant de s’éloigner, cabas à la main.


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