Jean-Marc Borello, l’entrepreneur solidaire

10 ans de service public

Jean-Marc Borello connaît un parcours original et hétéroclite. Né en à Aix-en-Provence, ce fils de militaire et d’ouvrière embrasse à 19 ans le métier d’éducateur spécialisé. Il s’oriente rapidement vers les cas les plus difficiles, ceux de jeunes délinquants « réputés inassumables en milieu carcéral ».

Peu à peu, il se spécialise dans les thématiques liées à l’addiction. Cela lui vaut d’être nommé au sein de la Mission interministérielle de lutte contre la toxicomanie (MILT) lors de sa création en 1982.

Il continue ensuite sa carrière de fonctionnaire, et intègre successivement deux cabinets d’élus entre 1984 et 1986. Il commence en tant que chargé de mission pour Gaston Defferre, alors maire de Marseille, avant de devenir chef de cabinet de Gilbert Trigano, le délégué chargé des nouvelles formations auprès du Premier ministre.

En 1987, Jean-Marc Borello quitte le service public.

10 ans d’entreprenariat

Entre 1987 et 1997, Jean-Marc Borello prend la direction d’un groupe de PME travaillant dans le milieu de l’hôtellerie et de l’évènementiel. Ces dix années lui donneront le goût d’entreprendre, expérience qui sera déterminante pour lancer l’aventure GROUPE SOS.

La synthèse : l’entreprenariat au service de l’intérêt général

En 1997, Jean-Marc Borello prend la décision de se consacrer entièrement au Groupe SOS. Il avait créé les associations fondatrices du Groupe en 1984 en tant que bénévole.

Jean-Marc Borello porte ainsi un nouveau modèle, utilisant l’entreprise pour servir l’intérêt général. A la croisée des mondes associatifs et entrepreneuriaux, il s’agit de lutter contre l’exclusion tout en assumant une efficacité économique. Le Groupe SOS connaît un grand succès et se développe jusqu’à devenir la première entreprise sociale d’Europe. En 2017, il dénombre 17000 salariés et 495 établissements, agit dans 44 pays pour un chiffre d’affaire de 910 millions d’euros.

Le Groupe Sos a réparti son action dans plusieurs secteurs : jeunesse, seniors, transition écologique, solidarités, santé, action internationale, emploi et culture. De par la diversité de ses secteurs d’activités, le Groupe SOS est en mesure de fournir un véritable parcours d’insertion, que ce soit par l’accès à l’emploi, à des soins et à la culture, la gestion d’EPHAD, de crèches sociales ou encore la prise en charge des addictions. Le principe est de fournir des services de qualité, à des coûts accessibles pour tous. Il explique dans son ouvrage « Les pieds sur terre, la tête dans les étoiles » (2013) sa vision de l’entreprise sociale et solidaire, à la fois économiquement efficace et à portée solidaire. Le Groupe SOS n’a pas d’actionnaires et fonctionne selon un système de plafonnement des salaires ; ce qui permet que tous les excédents soient réinvestis dans les projets du Groupe.

En 2015, il publie le « Manifeste pour un Monde Solidaire », écrit avec Jean-Guy Henckel. Livre explique que pour lutter contre la perte d’espoir, la crise économique et la crise écologique, il faut chercher à retrouver une économie qui a du sens, et se mobiliser pour que l’humain soit replacé au centre de notre système.

En parallèle de la gestion du Groupe SOS, Jean-Marc Borello s’engage activement dans la lutte contre le VIH. Au fil du temps, il s’engage dans plusieurs associations : Président de l’Union des Associations de Lutte contre le Sida (UNALS), Vice-Président de Sidaction, Vice-Président d’Elus locaux contre le Sida et directeur de la publication du Journal du Sida.

Jean-Marc Borello est également sollicité pour transmettre son expérience d’entrepreneur social. A cet égard, il occupera un poste de maître de conférences à Sciences PO, pour enseigner les questions sociales aux élèves souhaitant passer le concours de l’ENA.

Le Groupe SOS se développe rapidement, et devient un leader de l’innovation sociale. Partant du principe qu’il faut « Faire avec la réalité sans jamais l’accepter », le Groupe SOS pense et met en place des solutions nouvelles et innovantes en faveur de l’inclusion. Jean-Marc Borello commence alors à promouvoir le modèle de l’entreprise sociale, qu’il cherche à diffuser en fédérant ses principaux acteurs.

Il participe à fonder le Mouvement des entrepreneurs sociaux (MOUVES) en 2010, et en devient le premier président jusqu’en 2013. Grâce à cette organisation, le modèle de l’entreprise sociale et solidaire se fait connaître, et les acteurs bénéficient d’une plateforme pour se rencontrer et échanger des bonnes pratiques. Au-travers de ce mouvement comme du Groupe SOS , Jean-Marc Borello cherche à inspirer des initiatives d’entreprises sociales et d’intérêt général. Il multiplie les actions dans ce sens (incubateurs, pépinières, pouponnières, accélérateurs) et répète qu’il souhaiterait voir émerger « d’autres Groupes SOS ». La philosophie du Groupe SOS et de son fondateur est donc de partager son succès, ses expériences et expertises avec ceux qui souhaitent concevoir un projet de solidarité. Le Groupe SOS porte un véritable projet de société inclusive qu’il cherche à faire émerger. C’est dans cette logique que le Mouvement UP voit le jour. Au-travers d’une palette d’évènements gratuits destinés au grand public, aux professionnels ou encore aux étudiants, le Mouvement Up fait connaître des innovations sociales et environnementales remarquables, afin d’inspirer d’autres acteurs à concevoir des solutions d’avenir. Afin que chacun puisse contribuer au monde de demain, le Mouvement UP essaime les concepts et idées nées de ses évènements et les diffuse dans des MOOCS, un magazine ou des conférences.

En 2016, la Fondation Schwab élit Jean-Marc Borello « entrepreneur social de l’année ». Il participera à ce titre au Davos 2017.

Il publie plusieurs ouvrages afin de promouvoir ce modèle de l’entrepreneuriat au service de l’intérêt général, et montrer de quelle manière il pourrait répondre aux problèmes que nos sociétés rencontrent aujourd’hui.

En 2017, Jean-Marc Borello signe « Pour un capitalisme d’intérêt général ». Véritable plaidoyer pour que la solidarité soit au centre de l’économie, c’est également un livre visionnaire cherchant à imaginer de nouveaux modes d’organisation pour l’avenir. Il part d’un constat : face à la montée des inégalités et des tensions sociales, l’État ne pourra assumer de mener seul les politiques nécessaires. Il propose de réfléchir à un nouveau modèle mixte, réunissant trois types d’acteurs : lucratifs, non-lucratifs et d’intérêt général. Pour que cela fonctionne, il faudra d’une part que les acteurs du secteur de la solidarité acceptent l’idée de performance économique, et la mettent au service de la lutte contre l’exclusion ; et d’autre part que le secteur lucratif pense ses activités en termes de retombée sociale positive. Il faudra également privilégier le temps long, et un actionnariat moins risqué et plus rentable sur le long terme. Chacun des acteurs devra accepter qu’intégrer ces éléments ne nuira pas, d’une part aux objectifs sociaux et humains, et d’autre part à la qualité des services fournis et à la rentabilité. C’est un plaidoyer à l’image du Groupe SOS, qui recherche la performance économique pour maximiser son impact social.

En octobre 2017, Jean-Marc Borello complète sa pensée en réfléchissant à l’impact écologique de l’entreprise. Dans le livre « Choisir son monde », préfacé par Nicolas Hulot, il détaille le fonctionnement des entreprises sociales écologiques. Celles-ci cherchent à préserver le capital naturel et social de notre planète, et inventent pour cela de nouveaux modes de gouvernance et modèles économiques. Elles innovent sans cesse pour créer une économie durable et solidaire.

Le « rapport Borello » se penche quant à lui sur les innovations sociales dans la lutte contre l’exclusion. Commandé par Muriel Pénicaud au Président du Directoire du Groupe SOS , il se nomme « Donnons-nous les moyens de l’inclusion ». Au-travers de 19 propositions, Jean-Marc Borello montre notamment que les contrats aidés ont échoué à amener une inclusion durable des personnes par l’emploi. Il propose de repenser un parcours d’inclusion complet, comprenant également des formations et un accompagnement personnalisé, et prenant en compte les différentes situations sur les territoires. Il y explique notamment que selon la devise du Groupe SOS, « Personne n’est inemployable », et que le chômage relève généralement davantage d’une responsabilité collective qu’individuelle.

Jean-Marc Borello est officier de l’Ordre National du Mérite et chevalier de la Légion d’Honneur.
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