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DANS L’ACTU – L’association de défense de l’environnement Sepanso s’inquiète de la présence importante de molécules pétrochimiques relevées dans l’écume de l’océan, entre Bordeaux et Biarritz.

C’est devenu un phénomène courant, les lendemains de tempête, une mousse blanche apparaît sur les plages du littoral aquitain. L’image peut sembler poétique, mais le phénomène inquiète l’association environnementale Sepanso (Société pour l’étude et l’aménagement de la nature dans le Sud-Ouest), car il n’est peut-être pas naturel.

En novembre dernier, à Biarritz, la branche locale de l’association a fait analyser, par un laboratoire indépendant, la mousse apparue en quantité sur la plage principale de la ville après la tempête Amélie. “Les résultats ont révélé la présence à très fortes doses de trois molécules (cationiques, anioniques, non-ioniques) qui se retrouvent dans les gels douche, la lessive pour le linge et les produits pour lave-vaisselle“, explique Michel Botella, représentant de l’association Sepanso dans le Pays basque. Depuis plusieurs années, ce défenseur de l’environnement tente d’alerter les élus locaux sur la pollution engendrée par le rejet dans l’océan, à travers les eaux usées, de produits nettoyants non biodégradables.

Plage d’Anglet, en février 2019

“L’odeur de l’océan a disparu”

Le phénomène n’est pas nouveau, mais il s’amplifie. Depuis une dizaine d’années, l’association fait régulièrement des prélèvements de cette mousse qui surgit avec la houle sur le littoral, de la Gironde en passant par les Landes et le Pays basque. “La concentration des molécules chimiques a fortement augmenté ces dernières années“, poursuit Michel Botella. Il explique que les bactéries dans les centres de traitement des eaux usées ne sont pas en capacité de “digérer” les molécules pétrochimiques qui composent les produits d’hygiène et d’entretien industriels. “L’odeur de l’océan a disparu“, déplore-t-il. Les pins maritimes sont également impactés, car l’écorce des arbres est “brûlée”, par les vagues dans certaines zones du littoral, selon les observations de l’association.

Golfe de Gascogne, en novembre 2009

Des scientifiques alertent sur le sujet depuis 20 ans

Dès, 1998, un collectif de 60 scientifiques, Le collectif des scientifiques pour des détergents sans danger pour l’environnement avait l’espoir de contribuer à l’évolution de la réglementation sur les détergents dans l’Union européenne. En 2004, l’Europe a imposé que 60 % des tensioactifs présents dans un produit d’entretien ou d’hygiène soient biodégradables. Insuffisant pour les experts. « C’est bien de parler de biodégradabilité. Mais une fois les 60 % dégradés, que deviennent les 40 % restants ? », avait alors relevé Bernard Mermod, porte-parole du collectif à nos confrères du Journal de l’Environnement. En août dernier, la Sepanso, l’association France Nature Environnement (FNE) et le collectif des 60 scientifiques ont demandé l’interdiction pure et simple des détergents pétrochimiques aux dirigeants du G7 présents à Biarritz. Sans effet.

Les produits à base végétale doivent être privilégiés

Pour protéger l’environnement, Michel Botella recommande aux citoyens d’utiliser des produits ménagers et des produits d’hygiène à base végétale. “Le savon noir, le savon de Marseille utilisés par nos grands-mères étaient efficaces et sans danger mais les lobbys de l’industrie pétrochimique nous ont fait croire que nous avions besoin de nouveaux produits. L’accumulation des molécules chimiques est en train de dérégler l’océan“, poursuit-il.

L’association Sepanso tente d’éveiller la conscience des élus locaux depuis de nombreuses années, sans succès. “Ils se cachent derrière la réglementation sur la qualité des eaux de baignade, qui ne prend pas en compte l’analyse des taux de molécules pétrochimiques. Leur objectif est de préserver le tourisme“, déplore le militant associatif. De son côté la commune de Biarritz a réagi dans le quotidien Sud-Ouest. Le directeur général des services de la ville Christophe Landrin, explique que ” la ville est mobilisée sur la question ” et que les analyses menées à l’initiative de la commune en 2017 et 2018, concluaient que ” les mousses étaient naturelles ou d’origine humaine et n’étaient pas liées à des rejets urbains”. Il reconnaît toutefois que ” L’Agence régionale de santé ne nous demande pas de rechercher les tensio-actifs“.


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