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SERIE – Pour valoriser ses déchets organiques à titre individuel, on peut se procurer un lombricomposteur. Mais il y a aussi l’alternative du Bokashi, un composteur d’origine japonaise, pratique pour les citadins. Mode d’emploi.

Lire la première partie de cette série.

A Bordeaux, l’association Récup valorise vos restes alimentaires pour les donner ensuite à des maraîchers. Une solution pour éviter que cette matière ne termine sa course dans le bac à ordures ménagères, qui sera enfoui ou incinéré. Ainsi, chaque semaine, la petite structure girondine récupère, à triporteurs, 400 kg de déchets organiques préalablement jetés dans un bac un peu spécial, un composteur d’origine japonaise, le Bokashi, fourni gratuitement aux familles adhérentes. En japonais, le terme “Bokashi” signifie : “matière organique fermentée”.

Ce petit sceau hermétique est très pratique pour les citadins qui n’ont pas de place, mais qui veulent tout de même valoriser les biodéchets, sachant que de très nombreuses villes ne les ramassent pas (encore) pour les particuliers en porte-à-porte. Le Bokashi, c’est un peu l’alternative aux lombricomposteurs, que de nombreuses collectivités distribuent parfois aux habitants. L’alternative pour celles et ceux ayant horreur des vers de terre.

Fermentation anaérobique

C’est assez simple d’utilisation. Une fois par jour, environ, on jette ses déchets (découpés en morceau de préférence) dans son Bokashi. On y ajoute par-dessus une petite poignée de graines de blé enrichies en micro-organismes (des bactéries, des levures et des micro-champignons), ce qui accélère la décomposition et la fermentation des épluchures. Cela permet d’éloigner ou de limiter les odeurs désagréables et la putréfaction.

Puis on peut tasser pour éliminer les poches d’air, et refermer le couvercle quand on a terminé. La fermentation est anaérobique : moins il y a d’air, mieux c’est.

Régulièrement, grâce à un petit robinet sur la partie basse du contenant, on récupère dans un petit bocal un liquide issu de la décomposition des déchets. Si vous démarrez l’aventure, ce “jus” va mettre une bonne semaine à couler pour la première fois.

C’est un engrais fertilisant peu ragoûtant, un peu foncé, un peu odorant, mais qui vaut de l’or. Ce liquide, dilué dans de l’eau, améliore la qualité des sols en apportant de nombreux nutriments. Plantes et fleurs en raffolent.

Un liquide utile pour l’entretien des canalisations des éviers

En fonction de vos déchets, il peut rester des graines issues des épluchures dans ce liquide, des graines qui pourront germer. L’auteur de ces lignes, qui pratique cette méthode, a par exemple « découvert » un jour dans un pot rempli de terre des jeunes pousses de la famille des cucurbitacées.

Ce liquide de fermentation pur (sans eau ajoutée) peut être également utilisé pour l’entretien des canalisations des éviers.

Une fois que le Bokashi est rempli, n’y touchez pas pendant environ 14 jours. Pendant ce laps de temps, ne soulevez pas le couvercle, attendez que la matière, que vous récolterez, soit prête.

Celle-ci pourra être jetée au compost, être mélangée à du terreau ou, encore, être enfouie sous terre (au jardin ou dans un pot de fleurs).

Que jeter dans le Bokashi ?

En ville, il est aussi possible de contacter les associations gérant les jardins partagés où se trouve un composteur. Peut-être que vous pourrez leur “donner” cette matière organique.

Au fait, dans le Bokashi, je jette végétaux fanés, épluchures, fanes de légumes, coquilles d’œufs, sachets de thé, marc de café. Certaines personnes y laissent également le reste des biodéchets (notamment la viande).


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