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SÉRIE – En 2025, les biodéchets devront être traités et valorisés sur les territoires. Certaines grandes villes commencent à ramasser les déchets organiques des particuliers, des restes alimentaires séparés des ordures ménagères.

Nos poubelles débordent. Chaque Français produit 513 kg de déchets par an, d’après les chiffres d’Eurostat. Si 16 % de la production de déchets finit sa course dans un bac à compost, selon Zero Waste France, la majorité de la poubelle n’est pas valorisée : un bon tiers part à l’incinération (32 %) ou à la décharge (26 %).

Et ce, alors que, dans la benne à ordures ménagères, on y jette nos déchets organiques. C’est-à-dire : les restes des assiettes, les épluchures et les fanes de légumes, les fleurs et les plantes fanées. Tout un tas de matières naturelles qu’on pourrait pourtant valoriser via le compost. Facile quand on a un jardin, moins aisé pour les citadins en logement collectif.

Nous reviendrons plus tard sur les solutions individuelles qui se multiplient pour les habitants d’appartements des grandes villes. Restons sur les solutions collectives, et en particulier celles portées par les collectivités.

Le traitement des biodéchets (viandes, os, végétaux, légumes etc.) sera obligatoire d’ici 2025 (d’après la loi de 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte). Ce qui signifie que chaque citoyen devrait disposer d’une solution. A San Francisco et à Barcelone, les biodéchets sont collectés en porte-à-porte depuis… 2009.

Les biodéchets transformés en gaz

Certaines métropoles françaises s’y mettent aussi, lentement.

A Paris, trois arrondissements (le 3e et le 12e depuis 2017, et le 19e depuis l’automne dernier) expérimentent le ramassage des déchets organiques (séparés des ordures ménagères). Un bac marron dans lequel les habitants jettent des sacs transparents et surtout biodégradables remplis de restes alimentaires.

Le tout est censé partir dans des usines de méthanisation pour produire du biogaz et être utilisé pour fertiliser les champs. Selon Le Parisien, 15 kg de biodéchets ont été collectés par participant en 2018 (soit 780 t, ce qui est peu par rapport à l’objectif initial : 3 500 tonnes annuelles).

Une pétition à Nantes

D’autres villes, également, proposent ce service. L’une des pionnières ? Lorient, où la collecte à domicile est effectuée depuis 2003. On peut noter Le Havre, Clermont-Ferrand (qui collecte les déchets sur la zone de la métropole depuis plus de 10 ans), Grenoble (où 80 % du territoire métropolitain devrait être couvert d’ici le printemps 2020) ou, encore, à Lille, qui dit transformer les biodéchets en gaz pour faire rouler des bus.  

D’après Ouest France, Rennes expérimente la collecte en porte-à-porte pour les particuliers auprès de… cinq immeubles (depuis cet été). La matière est transportée vers une unité de méthanisation située dans le Maine-et-Loire.

Des asso et des entreprises prennent la main (verte)

A Nantes, depuis l’automne, une pétition sur Mes Opinions circule pour que les élus proposent le ramassage des biodéchets auprès des ménages, outre la distribution de composteurs individuels (nous reviendrons dans un prochain article sur les composteurs individuels, de quartier ou d’immeubles).

A noter, enfin, que de nombreuses start-up ou associations prennent la main (verte) et proposent de valoriser les restes de cuisine (pour le compost, ou pour les transformer en biogaz via méthanisation) des particuliers et des professionnels. Par exemple, les Alchimistes, ou Vépluche en région francilienne, Compostons, à Montpellier

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