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A LIRE – Depuis plus de 30 ans, Pierre Kroll, dessinateur de presse pour le quotidien belge Le soir et A votre avis, l’émission politique de la RTBF, croque avec humour les enjeux écologiques. On a voulu en savoir plus.

Pierre Kroll publie en France 300 dessins, presque tous publiés dans les médias depuis les années 80, dans un ouvrage intitulé Des signes qui ne trompent pas, disponible aux éditions Les Arènes.

Vous dessinez dans les médias les conséquences des crises écologiques depuis plus de 30 ans… Qu’est-ce qui a changé au fil des décennies ?

Aujourd’hui, le réchauffement climatique, la crise de la biodiversité et les marches pour le climat sont au coeur de l’actualité. On en parle beaucoup plus aujourd’hui car les conséquences touchent l’ensemble de la planète. Ce que j’ai souhaité montrer en rassemblant mes dessins, c’est que ces enjeux existaient déjà il y a 30 ans, même si on en parlait davantage à travers le prisme des catastrophes écologiques, comme les marées noires.

Dans les années 90, le progrès, l’innovation technologique étaient dans tous les esprits. La prise de conscience de la fragilité de notre planète et des conséquences de la pollution liée aux activités humaines commencent tout juste à émerger à grande échelle. La jeune génération se mobilise, mais de nombreuses personnes sont encore dans le déni.

Quel message avez-vous souhaité faire passer à travers cet ouvrage ?

En choisissant ce titre Des signes qui ne trompent pas, j’espère m’adresser à ceux qui doutent encore de l’ampleur de la crise que nous traversons. Le déclin des espèces sauvages me touche particulièrement. En moyenne, les populations de vertébrés ont diminué de 60 % depuis 1970. Les insectes ont également disparu à une vitesse affolante. Certains peuvent penser qu’on peut sans doute continuer à vivre dans un monde sans papillons, ni abeilles, ou libellules. Avons-nous vraiment envie de ce monde-là ? Est-il viable ? Peut-être, est-il temps de requestionner la place et la responsabilité de l’être humain au sein de l’écosystème de la Terre. S’inquiéter de l’état de la planète, ce n’est pas être paranoïaque. Les scientifiques nous alertent depuis 30 ans…

Restez-vous malgré tout optimiste pour l’avenir ?

Les dessins croquent avec humour une actualité plutôt sombre pour la planète. J’avoue que j’aimerais sincèrement arrêter de dessiner des pingouins en maillot de bain et des ours blancs perdus sur un morceau de banquise à la dérive. Je ne suis pas forcément un militant écologiste, et je pense qu’il ne faudrait pas tomber non plus dans une sorte de “dictature verte”. Je crois que le succès des marches pour le climat, en particulier en Belgique, montre que les citoyens sont prêts pour un changement en profondeur de nos modes de vie, plus respectueux de la planète et de nos besoins réels. On peut s’amuser aussi avec le changement. Cela peut être passionnant et excitant d’inventer le monde demain. C’est le défi que nous avons à relever tous ensemble…


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