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CULTURE – Eric Vidalenc publie Pour une écologie numérique, un manifeste pour repenser nos modes de vie, et notre relation au numérique.

Quand on se lève et avant de se coucher, dans les transports et dans la rue, au travail ou chez soi… On ne s’en rend pas forcément compte, mais on est quasiment toujours en contact avec un écran, en train de surfer sur le web ou de scroller sur un réseau social, si ce n’est pour travailler, devant son poste. Le numérique a pris le contrôle de notre quotidien, et cela ne risque pas de s’arrêter avec l’arrivée massive des objets connectés. On a besoin de lui pour remplir des formulaires, payer nos impôts, consommer, se divertir, lire un bon roman… sur tablette ! Et cela, dès notre plus jeune âge. Qui n’a pas déjà surpris un enfant en train d’allumer un smartphone pour jouer ou chercher une vidéo sur Youtube ?

Couverture du livre

Eric Vidalenc, spécialiste des questions énergétiques, publie Pour une écologie numérique (Les petits matins), un essai dans lequel il nous invite à repenser nos usages, qui ont forcément un impact négatif sur la planète. Selon lui, chaque jour, nous gâchons beaucoup d’énergie.

Sobriété heureuse

Et notamment, car nous ne consommons pas toute l’énergie que nous produisons. Il y a de la perte, et du gâchis. Il n’y a qu’à voir notre relation au cloud, qui nous permet de stocker indéfiniment nos photos et vidéos. A chaque fois que l’on veut les ouvrir, les consommer, nous les téléchargeons, une action polluante. Nous recevons, par ailleurs, une quantité non négligeable de mails, dont une grande partie se rangent dans les spams. A quoi ça sert ?

L’auteur prône la sobriété heureuse, nous incite à nous déconnecter de tous les appareils, qu’on peut débrancher pour économiser de l’argent (la box, les chargeurs de téléphone, notamment). Et de se questionner : les publicités sous forme de vidéo, allumées du matin au soir, dans les gares ou derrière les vitrines de magasins, sont-elles indispensables ? Il dit que non.

Numérique et lutte contre le gaspillage alimentaire

C’est tout le système qu’il fat repenser : d’après l’auteur, les data centers, de part l’énergie produite, pourraient par exemple servir davantage à chauffer nos villes, mais ce serait compliqué à mettre en œuvre, en raison de l’obsolescence programmée des data centers. On y vient : et si on prenait soin de tous nos appareils pour ne pas les jeter à la moindre panne ?  Et si on réparait plus pour ne pas acheter du neuf ?

Eric Vidalenc l’admet : oui, le numérique répond à des problématiques intéressantes comme la lutte contre les gaspillages alimentaires ; il n’y a qu’à voir toutes les applications mobiles permettant de ne pas oublier ce qui se cache dans frigos et nos placards. Ou encore au niveau du transport : le numérique est là pour nous inciter à lâcher notre voiture individuelle et opter pour le covoiturage. Noble cause. Mais si le véhicule alternatif, la voiture partagée, n’est pas moins polluante, où est la plus-value ?

Retrouvez notre dossier sur le numérique dans le dernier UP le mag


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