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INITIATIVE – Le réseau d’épicerie Nous, antigaspi, qui possède cinq magasins dans l’Ouest de la France, va ouvrir en novembre son 6e magasin, à Paris. Y seront vendus des produits refusés par les circuits traditionnels.

En 2018, “Nous, antigaspi” ouvrait sa première épicerie à Melesse, dans les environs de Rennes. Un an et demi plus tard, le réseau compte quatre autres magasins, tous situés dans l’Ouest de la France (Rennes, Laval, Saint Malo, Cherbourg).

On y trouve des produits refusés par les circuits traditionnels de la distribution. Ce sont des légumes moches ou hors-calibre (trop petits ou biscornus), invendables dans la grande distribution, des produits de supermarché dont la date limite d’utilisation optimale (DLUO) est dépassé, mais largement comestibles.

Sur les étalages, on découvre également des produits de marque dont la recette n’a pas fait… recette et qui a ainsi connu un flop commercial (on peut citer un yaourt avec un parfum particulier). Des produits qui se seraient autrement retrouvés à la poubelle en raison de l’emballage rendu obsolète (par exemple, le message de l’emballage d’un produit a été modifié par la marque, mais les stocks dudit produit n’ont pas été écoulés).

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“Zéro gaspillage”

« Du coup, chez nous, on ne vient pas avec une liste de course pré-établie, car les rayons changent sans arrêt, bien que l’on ne manque jamais de produits de base », explique Vincent Justin, le cofondateur de Nous, antigaspi. Qui propose également des produits à des prix abordables (30 % moins cher que chez les voisins des grandes surfaces, assure l’équipe de Nous, antigaspi). Dans la mesure du possible, les épiceries optent pour du bio, voire l’agriculture raisonnée. Et quand c’est possible, pour des produits locaux, en circuit court.

Et puisque l’on se pose la question, le cofondateur nous rassure : « Tout est vendu, il y a zéro gaspillage, excepté, peut-être, quelques légumes, trop abîmés. »

L’idée plaît, au point qu’un sixième magasin ouvrira ses portes le 6 novembre, à Paris cette fois (dans le 19e arrondissement). Le local aura une superficie de 380 m², soit un peu plus petit que les autres épiceries.

Des solutions concrètes

Une manière, aussi, de poursuivre le travail de sensibilisation sur le gaspillage alimentaire. Une mission de longue haleine, dans la mesure où, chaque année, 10 millions de tonnes de nourriture sont mis à la poubelle, et plus de 20 % des fruits et légumes français ne sont pas consommés. Or, d’après l’épicerie, on peut limiter les pertes et le gâchis.

L’équipe du réseau, qui regroupe 45 personnes en tout, a sorti il y a quelques jours un livre blanc pour proposer justement des « solutions concrètes ». Notamment en vue d’assouplir ou de supprimer des normes sur le calibrage des légumes (c’est-à-dire au niveau de la taille et du poids).

Par exemple, un producteur a l’interdiction de vendre certains légumes difformes dans un marché, alors que, grâce à une dérogation, ce n’est pas le cas à la ferme. Une réglementation qui n’a pas de sens, pour l’épicerie Nous.

D’autant que ces normes peuvent engendrer du gaspillage. L’épicerie estime que 10 % des légumes sont perdus au stade de la production en raison des standards esthétiques. “Des pommes trop petites ne sont pas toujours cueillies, car le producteur ne peut les vendre. Et c’est dommage, non ?


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