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DANS L’ACTU – Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat a sorti, le 25 septembre, un rapport alarmant sur l’état des océans et de la cryosphère (glace des pôles, glaciers de montagne, calottes, banquises et sols gelés).

Ce document choc est la troisième rapport (après une étude sur le « réchauffement à 1,5 °C » et une autre sur « les terres et l’alimentation») commandés aux scientifiques après l’accord de Paris, de décembre 2015. Quelles en sont les principaux enseignements ?

Hausse de la température des océans

Selon le Giec, les océans, qui constituent 71 % de la superficie du globe, se réchauffent depuis les années 1970, mais, et depuis ces vingt dernières années, cela s’accélère.

« Les océans sont à la fois une pompe à carbone, car ils absorbent de 25 à 30 % des émissions de CO2, et un climatiseur planétaire parce qu’ils absorbent aussi la chaleur produite par les gaz à effet de serre », souligne Pierre Canet, responsable du programme climat au WWF.

D’après les rapporteurs, l’océan a été capable d’absorber “plus de 90 % de la chaleur excédentaire dans le système climatique”.

Conséquence : les océans sont de plus en plus acides et leur concentration en oxygène a baissé de 2 % en un demi-siècle. On pourrait perdre 15% de la production de biomasse de l’océan et pêcher jusqu’à 26 % de poissons en moins qu’actuellement.

Montée des eaux et fonte du permafrost

Les scientifiques estiment que le niveau des océans grimpe de manière inquiétante. Et ce, en raison de l’augmentation de la température moyenne de l’eau des océans, mais aussi de la perte de masse importante des glaces et des calottes glaciaires (notamment vers l’Antarctique et le Groenland). Selon les scénarios prévus en matière d’émissions de gaz à effet de serre, plus de la moitié des surfaces des sols gelés pourrait dégeler d’ici la fin du siècle.

Entre 1901 et 1990, l’augmentation était en moyenne de 1,4 mm chaque année. Elle est passée à 3,6 mm par an sur ces dernières années. Et cela ne va pas s’arrêter : la montée des eaux pourrait être d’un mètre d’ici 2100 si les émissions de gaz à effet de serre ne diminuaient pas.

Réfugiés climatiques

Conséquence, selon le Giec : « L’élevation du niveau de la mer obligera des centaines de millions d’habitants des régions côtières à abandonner leur foyer au cours de ce siècle ».

Que faire ?

Valérie Masson-Delmotte, co-présidente du Giec, estime que la « réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre est primordiale si on veut se garder des marges de manœuvre pour lutter contre les impacts du changement climatique ». Et de poursuivre : l’adaptation au changement climatique « n’est pas une option mais une nécessité ».

Ne pas considérer l’écologie comme une priorité majeure de ce temps relève du crime contre l’avenir“ , relève par exemple Aurélien Barrau,  qui plaide pour une révolution de nos modes de vie, afin de limiter l’impact carbone. Même au niveau individuel, cela peut avoir un impact : limiter ses déplacements en avion, mieux isoler son logement, consommer moins de viande…

Lire aussi notre grand dossier sur les océans, “Le grand blues”


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