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DANS L’ACTU – La marche pour le climat, à Paris, perturbée par des heurts, a laissé un goût amer aux militants écologistes, samedi 21 septembre. Alors que la grève mondiale pour le climat a rassemblé 4 millions de personnes à travers la planète, de Melbourne à Berlin en passant par Johannesburg, en Afrique du Sud, quel avenir pour la mobilisation en France ?

Les conditions d’une marche non violente ne sont pas réunies pour cette manifestation. Nous dénonçons l’envoi de gaz lacrymogène sur des manifestants pacifistes et des familles de la part des forces de l’ordre”, a tweeté l’ONG Greenpeace samedi 21 septembre appelant ses troupes à quitter le cortège, infiltré par des black blocks. “Plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont été obligés de rebrousser chemin jusqu’au point de départ“, a expliqué l’ONG sur ses réseaux sociaux.

Quarante-cinq minutes après le départ, les forces de l’ordre ont projeté sans sommation plusieurs grenades de désencerclement dans le cortège“, a de son côté affirmé à l’AFP une porte-parole d’ANV-COP21.

La mobilisation parisienne qui devait faire entendre la voix des citoyens pour le climat s’est terminée dans la confusion. 15 200 personnes étaient présentes, selon le cabinet Occurence, 50 000, selon les organisateurs (près de 90 associations et ONG). En fin de journée, des militants ont organisé un sit-in qui a bloqué le pont de Tolbiac dans le 13e arrondissement de Paris. Une action qui s’est déroulée sans débordement.

Des militants écolos préoccupés

C’est aux forces de l’ordre d’assurer la sécurité des manifestants, et samedi 21 septembre, la situation a clairement dégénéré“, regrette Eliott Lepers, militant écologiste à l’initiative du mouvement Il est encore temps, lancé en 2018 par des youtubeurs, des activistes, des militants et des artistes. Très en colère, il craint que cela décourage les citoyens de rejoindre les prochaines mobilisations.

De nombreuses ONG et associations s’interrogent, au lendemain de la manifestation parisienne ratée, des conséquences sur la liberté de manifester mais aussi sur la capacité à mobiliser les citoyens au sujet de l’avenir de la planète.

La préfecture de police va devoir s’expliquer“, explique le militant. Martial Breton, jeune Parisien mobilisé pour le climat qui s’est envolé à New York pour participé au sommet de la jeunesse pour le climat craint une “une répression toujours plus forte“, en France. ” 150 000 manifestants ont été mieux gérés à New York, que 15 000 à Paris, il y a clairement un problème“, soulève-t-il.

Quelle suite pour le mouvement en France ?

La jeunesse mondiale n’est pas prête de s’arrêter et fixe son prochain rendez-vous de “grève pour le futur” au vendredi 29 novembre 2019. En France, ONG et associations parlent déjà d’une nouvelle action pour le samedi 20 octobre, mais réfléchissent à une autre forme de mobilisation. “Avec peut-être une action de désobéissance civile massive“, précise Eliott Lepers.

Le directeur de Greenpeace France Jean-François Julliard a de son côté indiqué sur Europe 1 dès le lendemain de la manifestation de samedi 21 septembre que le combat continuerait : “Il va falloir réfléchir maintenant à la suite de la mobilisation et trouver d’autres moyens pour faire en sorte que cette mobilisation se poursuive, parce qu’on a besoin qu’elle se poursuive.”

Les chiffres de la mobilisation dans le monde   Entre 250 000 et 300 000 jeunes ont défilé pour le climat, vendredi 20 septembre, en Australie. A New-York, 250 000 personnes ont marché dans les rues de Manhattan, selon les organisateurs. Un million de personnes se sont mobilisées pour défendre la planète et la biodiversité, en Allemagne, dont 270 000 à Berlin et 100 000 à Hambourg, selon les organisateurs. En France, le climat a rassemblé 90 000 personnes, toujours selon les organisateurs. Au total, des manifestations ont été organisées dans près de 160 pays.


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