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SÉRIE – Troisième volet de notre série sur le revenu universel, avec un zoom sur une initiative, en France, visant à tester concrètement l’outil pendant une durée limitée dans le temps. Six personnes ont pu en profiter, pour le moment.

Cofondée en 2017 par l’écolo Julien Bayou, porte-parole de Europe Ecologie les Verts, l’asso Mon revenu de base s’est donnée pour mission d’expérimenter le revenu universel. L’idée : tirer au sort des citoyens bénéficiaires et leur verser, pendant un an, 12 000 euros (un virement de 1 000 euros chaque mois).

Depuis deux ans, cinq personnes en ont bénéficié et une sixième personne reçoit actuellement ses derniers versements mensuels. Cette expérience a été ouverte à tous, il suffisait de s’inscrire au tirage au sort.

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L’association, qui a suivi le modèle de l’asso Mein Grundeinkommen, en Allemagne, finance les revenus via des campagnes de financement participatif : tout le monde peut faire un don (en moyenne, les citoyens ont donné une vingtaine d’euros). A noter que l’on pouvait candidater en vue du tirage au sort sans mettre des sous à la cagnotte. A chaque fois, il y a eu entre 20 000 et 30 000 personnes qui se sont inscrites pour se laisser la chance de recevoir cette somme, en plus de ses revenus classiques (sachant que le RSA est à revaloriser, forcément, en fonction de ce revenu).

Surendettement et revenu de base

Selon Louis d’Eramo, secrétaire général de Mon revenu de base, l’expérience a pu démontrer que « les aides sociales ne sont pas toujours adéquates. Recevoir un salaire fixe n’est pas gage de stabilité et n’empêche pas les situations de surendettement (familles à charge etc.) ».

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Par exemple, un bénéficiaire a raconté qu’elle avait, durant le versement du revenu de base, perdu son emploi à temps partiel « subi » dans une galerie marchande d’un centre commercial. Or, grâce au virement des 1 000 euros mensuels, elle a pu « reconsidérer sa situation professionnelle, prendre du temps pour réfléchir, se lancer dans un bilan de compétences ». Selon Louis d’Eramo, d’autres ont confié avoir utilisé le revenu de base afin de « financer ses proches et sa famille : payer les études du petit dernier, apporter un complément à la faible retraite de sa mère ».

L’asso ne veut pas s’arrêter là et veut continuer à financer d’autres revenus de base. Avec toujours cette idée en tête : expérimenter pour « avoir des retours concrets sur l’usage » d’un paiement universel de la sorte. Manière d’illustrer les débats idéologiques autour du revenu universel.

On peut faire un don en ligne sur le site ou simplement en faisant une recherche sur le moteur de recherche Lilo, qui reverse des petites sommes à des associations, comme Mon revenu de Base : 10 000 euros ont été récoltés de cette manière.


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