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DANS L’ACTU – Plus d’une soixantaine de maires ont pris des arrêtés visant à interdire l’utilisation de pesticides à 150 mètres des habitations, voire dans certains cas sur l’ensemble du territoire de leur commune. Ils sont actuellement de plus en plus nombreux.

Depuis début 2019, les particuliers ne peuvent plus utiliser de produits phytosanitaires, rejoignant les collectivités locales, qui ne sont plus autorisées à le faire depuis deux ans sur les zones publiques. Certains maires veulent que la réglementation aille plus loin et touche également les espaces privées : l’action très médiatisée du maire de Langouët (Ille-et-Vilaine), en ce sens, n’est pas isolée.

De plus en plus d’édiles imitent leur homologue breton et sortent à leur tour de leurs prérogatives, en signant des arrêtés anti-pesticides sur leurs sols. But du jeu, selon eux : protéger les habitants desdites communes de produits jugés néfastes pour notre santé. UP le mag fait le point.

Barretali (Haute-Corse), 132 habitants

« Il y a des exploitations agricoles à côté des maisons. Il y avait des ruches dans le village et je constate aujourd’hui qu’il n’y en a plus.Anthony Hottier  (DVD) pris un arrêté, le 13 septembre, municipal pour interdire l’usage des pesticides à moins de 150 mètres des habitations.

Clapiers (Hérault), 5 473 habitants

En tant qu’élus locaux, nous avons la volonté politique et la responsabilité de protéger la santé de nos habitants y compris à notre modeste échelle“, explique Eric Penso, le maire de Clapiers (PS), commune située à la sortie de Montpellier, après avoir validé l’arrêté, le 14 septembre.

Cournon-d’Auvergne, Puy-de-Dôme, 20 126 habitants

Le 13 septembre, l’utilisation de pesticides à moins de 150 mètres des habitations a été bannie par le maire Bertrand Pasciuto (GRS). L’idée : « Protéger la santé des habitants et, d’une manière plus générale, la qualité des eaux et de l’environnement. »

Méjannes-Le-Clap (Gard), 707 habitants

Jérôme Bassier (SE) a pris le 12 septembre un arrêté pour contraindre “l’utilisation de produits phytopharmaceutiques à une distance inférieure à 150 mètres de toute parcelle cadastrale comprenant un bâtiment à usage d’habitation ou professionnel“. Et de préciser (cité par Midi Libre) : « C’est à chacun de nous de mettre sa pierre à l’édifice pour faire bouger le gouvernement sur la question des pesticides. Je prends mes responsabilités. Je serai sans doute attaqué au tribunal administratif par le préfet, mais je veux qu’on puisse vivre et manger sainement dans nos communes.

Montfermeil (Seine-Saint-Denis), 26 154 habitants

Le maire (PCD) de Montfermeil Xavier Lemoine a signé le 9 septembre un arrêté municipal interdisant l’utilisation des pesticides de synthèse et le glyphosate sur le territoire de la commune. Et ce, « à la fois à protéger la population, et à obtenir du gouvernement une interdiction totale de ces produits. C’est une question de cohérence ».

Murles (Hérault), 302 habitants

Clothilde Ollier (SE-EELV) a contraint, en début de mois, l’usage de pesticides à moins de 150 mètres des habitations. “Si, collectivement, on pousse tous dans le même sens, on gagnera.”

Pinterville (Eure), 757 habitants

« On dit que les maires ont des pouvoirs de police sur leur territoire, ils ont donc la responsabilité de dénoncer certaines pratiques » : le 5 septembre 2019, Didier Dagomet (EXG) a donc imité ses homologues. Sa commune est composé à 40 % de terres agricoles.

Puy-Saint-André (Hautes-Alpes), 465 habitants

Pierre Leroy, maire SE de Puy-Saint-André, dans les environs de Briançon, a fait de même le 10 septembre pour toute sa commune. Selon l’édile : « Il y a urgence à protéger les abeilles et la biodiversité, les intérêts sanitaires des personnes susceptibles d’entrer en contact avec des pesticides […] et les intérêts économiques des apiculteurs. »

Savigny-le-Temple (Seine-et-Marne), 30 097 habitants

La décision de Marie-Line Pichery (PS) est tombée le 9 septembre. Selon le texte : « L’utilisation de produits phytopharmaceutiques, dont le glyphosate, est interdit sur l’ensemble de la commune à une distance inférieure à 150 mètres des habitations, des bâtiments à usage professionnel, des établissements scolaires, périscolaires et de petite enfance.

Les grandes villes

Plusieurs dizaines d’autres élus sont entrés dans la danse ces dernières semaines. La liste complète est à retrouver sur le site du collectif des maires face aux pesticides. A l’heure où nous bouclons cet article, plus d’une soixantaine de maires ont sauté le pas.

Tous risquent de se faire retoquer par le tribunal administratif. C’est ce qui s’est passé en Bretagne avec la suspension de l’arrêté de l’élu de Langouët.

Paris, Lille, Nantes, Grenoble et Clermont-Ferrand, dans l’espoir de « faire changer la loi », s’y sont mises également. Même si, pour ces grandes villes, cela reste… symbolique, vu que l’interdiction de l’usage des pesticides (ce qu’elles ont décidé de faire) concerne déjà les espaces publiques.

Le président du Val-de-Marne Christian Favier a annoncé avoir fait sa part du colibri. “Au nom du principe de précaution et en solidarité avec les associations et ces maires engagés, j’ai signé un arrêté interdisant l’usage de produits phytopharmaceutiques contenant du glyphosate ou des perturbateurs endocriniens sur tout le territoire val-de-marnais.”


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