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INITIATIVE Un jeune ingénieur souhaite offrir une seconde vie aux mégots. Il s’appelle Julien Paque et veut les collecter pour transformer la partie du filtre en plastique en fibre propre. Une matière isolante… utile dans un manteau.

C’est le regard tourné vers le bitume que Julien a trouvé cette idée. Après une journée de bricolage, en regardant tomber un mégot de cigarette sur le sol, il remarque que le petit déchet ressemble à de la laine de verre, qu’il vient justement de manier lors de ses travaux.

Le jeune ingénieur, sensible à la cause des océans, où les déchets en plastique finissent leur course, décide alors de ramasser des clopes pour leur offrir une seconde vie originale. Julien a l’idée de les collecter, les nettoyer et les dépolluer dans le but de les transformer en isolant… pour fabriquer des manteaux.

Un manteau sans odeur de tabac froid

Il rencontre une styliste à l’atelier partagé de L’outil commun, à Lille, et lui présente son « matos » : un rouleau d’isolation, une matière de quelques millimètres d’épaisseur, souple et chaude qu’il a pu mettre en forme après avoir transformé, à ses frais, des filtres de clopes, collectées au préalable, en fibre nettoyé (de l’ouate d’acétate de cellulose). La styliste accepte de partir à l’aventure avec lui. Et le projet, intitulé TchaoMegot, peut démarrer.

Transformation des filtres des cigarettes
La transformation de la matière première (crédit: Julien Paque)

Julien accepte de prendre des cours de couture, n’ayant pas de notion en la matière. Les deux hommes fabriquent un premier manteau et glisse l’isolant fabriqué à partir de 3 500 cigarettes, entre le tissu imperméable et la doublure à l’intérieur. Un prototype sans… mauvaise odeur. « A la dernière Braderie de Lille, je tenais un stand pour présenter mon nouveau projet. J’ai proposé au passants de sentir le manteau et ils ont bien remarqué que ça ne sentait pas le tabac froid. »

Lancer sa marque de doudoune

Reste à prouver que le processus de nettoyage des filtres des mégots collectés dépollue efficacement la matière du futur isolant.

Le jeune homme a lancé une campagne de crowdfunding sur KissKissBankBank qui lui permettra d’obtenir un certificat labellisé du protocole de nettoyage (c’est-à-dire la phase d’élimination de la toxicité) des objets fabriqués.

Son plan : récolter des fonds afin de pouvoir, à terme, lancer sa marque de doudoune, et industrialiser les procédés de nettoyage des filtres pour sortir des manteaux écoresponsables.

En attendant, il récolte des cigarettes. Le bar Le Privilège lui a par exemple filé plusieurs bouteilles de clopes ramassés (80 litres environ). Son patron, souhaitant participer au challenge #FillTheBottle, avait proposé à ses clients une conso gratuite s’ils avaient ramassé des mégots au sol. Belle opportunité !


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