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Les (premières) universités d’été de l’économie de demain, organisées par le collectif Nous sommes demain*, se sont tenues pour réfléchir à la transition écologique et sociale à laquelle s’engagent de plus en plus d’acteurs. Et notamment dans le monde des start-up. Pendant deux jours, les porteurs de projets de l’ESS ont partagé leur expérience… dans un contexte d’urgence sociale et écologique.

L’idée était assez simple : formuler des pistes pour que le plus grand monde dans le monde des affaires s’engage davantage.

Car, comme le rappelle la vice-présidente du Centre des jeunes dirigeants, Catherine Vampouille, « on avance en expérimentant ».

Pour Emery Jacquillat, PDG de la Camif, qui a obtenu en 2016, le label B-Corp, ( le label des entreprises engagées pour le bien commun), les labels ont ça de bon qu’ils incitent les entreprises à améliorer leur engagement et à limiter toujours plus leurs impacts. Et ce, via « l’évaluation régulière de leurs actions ». Tant au niveau du modèle d’affaires, du mode de gouvernance et de ses pratiques sur les enjeux sociétaux, sociaux et environnementaux. La Camif prône par exemple une « TVA réduite » pour tous les produits vertueux au niveau de leur fabrication.

Des achats qui ont du sens

De son côté, Blaise Desbordes, DG de Max Havelaar France se demande si on ne pourrait pas, pour soutenir davantage les produits vertueux, taxer ceux qui ont « des externalités négatives » sur la planète.

Selon Guillaume Guibault, cofondateur de la marque du Slip français, 100 % bleu blanc rouge, il faudrait que le Made in France soit plus accessible. Parfois, « c’est certes plus cher, mais l’acte d’achat a du sens ». Peut-être faut-il, estime-t-il, « acheter moins mais mieux ».

Or, comment se débrouiller pour que le monde des affaires se bougent davantage ? Par la culpabilisation ? L’écrivain Jean-Pierre Goux n’y croit guère. Lui opte pour la piste de l’émotion, déclenchée par un déclic : regarder la terre éclairée, en rotation et vue depuis de l’espace, pour toucher une corde sensible… D’où son projet Blue Turn.

Des activités bénéfiques pour la Terre

Pour « débloquer la transition » en chacun de nous, le philosophe Patrick Viveret, lui, nous invite à un « changement de posture » et nous pousse à penser la répartition de la richesse…« en fonction de ce qui compte vraiment », en fonction « des activités bénéfiques, sources de bien-être pour la Terre », très loin des unités de valeurs actuelles.

Mieux manger demain… Dans les tables-rondes, on présente des solutions. Il y a par exemple le Réseau Cocagne qui, depuis les années 90, « cultive la solidarité » en proposant des paniers de fruits et légumes bio préparés par des personnes en situation d’exclusion.

François Dechy, de Baluchon, mentionne les confitures « rebelles », qu’on trouve aujourd’hui en grande surface et qui sont fabriquées à partir de fruits et légumes invendus car jugés moches.

Concevoir une ville résiliente

Comment mieux manger… et mieux vivre au quotidien avec ses voisins, sachant que, demain, en 2050, on devra sans doute accueillir des milliers de personnes exilées en raison de la montée des océans ?

Stéphane Berdoulet, de Halage, évoque un « PPPP », indispensable à ses yeux : « un partenariat pouvoir public-privé » auquel, dit-il, on peut associer la population. Et notamment les plus précaires, les exclus. “Mobilisons l’ensemble des savoirs… pour concevoir une ville résiliente.” Son asso Halage, spécialiste de l’insertion, a imaginé Lil’ô, un projet un peu fou visant à redonner vie à une friche industrielle en Seine-Saint-Denis. Agriculture urbaine, serre horticole et chantier de réinsertion sont au cœur de l’initiative. Sans oublier les arbres et la forêt pour capter le co2..

*A la coordination : le mouvement des entrepreneurs sociaux


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