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Le mois de juillet aura été dramatique pour le climat. Alors que la France fait face à un de ses étés les plus chauds de son histoire, la situation n’est pas meilleure en Arctique, où la glace se fait de plus en plus rare.

Je perds la capacité à communiquer l’impact de ces changements, expliquait le chercheur Jeremy Mathis à Mashable, en juin, au sujet de l’Alaska. Je n’ai plus d’adjectifs pour décrire l’ampleur des changements que nous voyons.

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Quantité de banquise restante en Alaska

Grande victime de la chaleur estivale, l’Alaska a vu disparaître l’intégralité de sa banquise. Il faut désormais aller à plus de 240 km des côtes pour espérer apercevoir de la glace. Cette fonte catastrophique est en grande partie due à des températures inhabituellement élevées dans la région. Anchorage, la plus grande ville d’Alaska, a connu six jours consécutifs de températures excédant les 27°. Un record. 

Mais cette impressionnante fonte des glaces ne concerne pas que l’Alaska, mais l’intégralité de l’Arctique, notamment le Groenland, la deuxième plus grande banquise au monde. 

160 

milliards de tonnes de glace fondues au Groenland en Juillet 

Les données récoltées le 1er août ont montré que la banquise du Groenland a fondu de 20 % de plus en 2019 que lors de la précédente année record, 2012.

Cette fonte représente plus de 160 milliards de tonnes de glace pour le seul mois de juillet. Cette fonte des glaces généralisée n’est pas sans conséquence et le niveau de l’eau augmente.  

Les conséquences de la disparition de la banquise

La fonte des glaces du Groenland en juillet a augmenté à elle seule le niveau de la mer de 0.5 mm, mais en plus de la montée des eaux, les scientifiques s’inquiètent de cette soudaine et conséquente arrivée d’eau glacée dans les océans.

0.5

millimètre d’augmentation du niveau de la mer en juillet

Cette eau froide supplémentaire arrivant dans le nord de l’Atlantique perturbe les courants océaniques. Nous ne comprenons pas complètement les conséquences, mais cela pourrait amener de fortes tempêtes dans le nord-ouest de l’Europe“, explique le climatologue Jason Box dans une interview accordée à Euronews

Plus légère car moins salée, l’eau froide versée dans l’océan tend à rester à la surface ce qui perturbe les courants et crée des climats inhabituels, à l’instar de la vague de chaleur de cet été. 

Un autre facteur inquiétant lié à la fonte de la banquise est la condition des animaux qui y vivent, notamment les ours polaires. Forcés d’aller sur les terres, ces derniers se rapprochent de plus en plus des villes en quête de nourriture, augmentant les risques d’accident, pour les humains comme pour eux. 

Montée des eaux et réchauffement : le cercle vicieux

Les raisons de cette fonte sont majoritairement liées à la forte chaleur dans la région cet été. L’institut météorologique du Danemark a même déclaré que la période de fonte avait commencé un mois plus tôt, du jamais-vu depuis 1980. 

Cette fonte accélérée de l’arctique est de plus en plus difficile à limiter, car un cercle vicieux est en place. Les glaces les plus vulnérables à la fonte sont les glaces les plus récemment formées, or, au fil des années, les glaces les plus anciennes fondent elles aussi. En conséquence, chaque année, une banquise jeune se reforme, mais est de plus en plus vulnérable à chaque été. Entre 1985 et 2018, la glace “ancienne” a diminué de 95 %. 

95%

de la glace “ancienne” a disparu entre 1985 et 2018


De plus l’effet albédo a également son influence. Ce phénomène illustre le réfléchissement des rayons solaires, l’un des indicateurs du réchauffement climatique. La fonte des glaces entraîne une baisse de l’albédo (moins de rayons solaires sont donc réfléchis) ce qui, en conséquence, fait augmenter les températures (et donc fait fondre plus de glace). 

Certains scientifiques gardent tout de même espoir, Zack Labe, climatologue américain, précise dans Mashable qu’il reste une possibilité pour que cette année ne dépasse pas la catastrophe qu’était 2012. Oui, sur le court terme, la situation est pire, mais une amélioration est toujours envisageable. Malheureusement, même si 2019 n’est pas pire que 2012, les chiffres de l’Organisation nationale de l’atmosphère et des océans montrent que ces 12 dernières années sont celles où la glace a été la plus fine et la plus vulnérable de l’histoire.  


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