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EXTRAIT DU MAG – René a installé, à son domicile dans le Gers, des panneaux photovoltaïques pour ne plus dépendre de ” l’énergie d’origine nucléaire.” Témoignage.

Pour René, tout commence il y a 11 ans, quand il installe son premier panneau photovoltaïque sur le toit de son logement, une ancienne ferme dans le Gers. Ce Lorrain de naissance explique qu’à l’époque, il est l’un des premiers, dans le département, à posséder ce type d’installation. Engagé et précurseur en quelque sorte, René continue néanmoins d’acheter de l’énergie au réseau EDF, car le solaire ne lui suffit pas au quotidien.

Seulement, lui et son épouse entendent toutefois minimiser leur impact énergétique. Ils remplacent les fenêtres par du double vitrage, rénovent la toiture et installe une pompe à chaleur à la place de l’ancienne chaudière au fuel.

Mais ce n’est pas assez pour cet électricien de formation qui refuse de consommer de l’énergie d’origine nucléaire. Proche de la retraite, il décide alors d’accélérer le schmilblick et sa transition écologique. « La société vante l’utilisation des voitures qui fonctionnent à l’énergie fossile et nucléaire, et on laisse aux enfants des tonnes de déchets radioactifs et un climat catastrophique. On ne peut pas continuer comme ça… »

Bon pour la planète et le porte-monnaie

Dans sa zone rurale, il installe en 2016 un deuxième panneau solaire de 17 m² sur le toit d’une véranda. Sans, pour autant, se déconnecter du réseau d’EDF. « Car cela nous obligerait à acheter des batteries, et ce n’est pas forcément écologique », sourit-il. Mais gare aux appareils électriques et électroniques, allumés à son domicile, René fait attention à sa consommation pour le bien de la planète… et de son porte-monnaie.

Depuis son passage au photovoltaïque, il réalise une économie annuelle de près de 500 euros. Il produit même plus d’énergie qu’il n’en consomme. Le surplus produit – 70 kilowattheures par mois – est réinjecté dans le réseau, racheté par « EDF Obligation d’achat ».

René, plongé dans ses calculs, précise que son installation lui a coûté environ 6 000 euros, une somme pas encore amortie. En prenant en compte l’aide de l’État (une prime de 1 200 euros distribuée en 5 ans), René a calculé qu’il lui faudrait huit ans pour y parvenir. « Ce sera peut-être moins si le prix de l’électricité, que je revends, continue de s’envoler », sourit l’actuel enseignant énergie renouvelable au sein de l’Éducation nationale, à l’académie de Toulouse. Pour l’instant, ce sont ses voisins qui profitent de son électricité verte, qu’EDF récupère pour 10 cents le kilowatt. « L’entreprise fait une plus-value car elle le revend à 16 centimes. »

« J’ai de la place »

On lui rétorque que vivre à la campagne, dans une maison, lui facilite la tâche. En ville, avec les immeubles, c’est plus difficile de passer à l’énergie verte, il en a conscience : « Tout le monde ne peut réaliser l’investissement, moi j’ai de la place, et j’en profite. »

Avec son association Energie Citoyenne Pays Portes de Gascogne (ECPPG), il accompagne les familles qui, dans le Gers, veulent installer, chez elles, des panneaux photovoltaïques. L’objectif principal de la structure citoyenne : installer, d’ici 2020 dans le Gers, une quinzaine de sites photovoltaïques sur des bâtiments publics, comme des établissements scolaires ou des crèches (quatre d’ici fin 2019). Des installations financées par les citoyens qui n’ont pas forcément, faute de place ou de moyen, la possibilité d’installer chez eux un panneau. Et les particuliers ne sont pas obligés de résider dans les départements du sud. « Il y a par exemple un Parisien qui a investi plusieurs centaines d’euros. »

En retour, la promesse c’est que lui et les autres reçoivent un revenu via la revente de l’énergie produite par les panneaux solaires, dont profiteront de nombreux ménages, où qu’ils soient. Manière, pour eux, de faire leur part du colibri, de participer à la transition énergétique d’un pays qui a pris beaucoup de retard, notamment par rapport à son voisin d’outre-Rhin. Et René n’est pas seul. Dans l’Hexagone, près de 300 collectifs tels ECPPG rassemblent des citoyens qui, comme lui, veulent passer la vitesse supérieure.

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