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EXTRAIT DU MAG – Ivanice Pires Tanoné, cheffe de la tribu des Kariri-Xoco, est l’une des rares femmes leaders indigènes du Brésil. Elle se bat pour faire respecter les droits de la forêt et de son peuple face au président d’extrême droite Jair Bolsonaro. Cette gardienne de la terre appelle les citoyens du monde à s’unir pour protéger la planète.

Il émane d’elle une joie communicative. À 65 ans, Ivanicé Pirès Tanoné a les yeux pétillants, et le sourire d’une petite fille espiègle. Cette joie profonde est, nous explique-t-elle, le moteur de sa force. Elle la puise au quotidien dans les arbres et le fleuve qui se situent à côté de son village. Le peuple Kariri-Xoco dont elle est issue vit dans une zone montagneuse, dans la région du Nordeste du Brésil, et compte environ 3 000 personnes.

La forêt, au coeur de la vie indigène

La forêt est un temple à ciel ouvert pour cette tribu autochtone qui y perpétue des rituels ancestraux et y trouve ses remèdes médicinaux. Dans cette culture, les arbres sont considérés comme sacrés. Les membres de la communauté vivent essentiellement de l’artisanat et cultivent leurs propres aliments comme le haricot, le manioc ou la patate douce.

« La nature est notre mère, elle nous nourrit et nous renforce. Mon nom signifie racine. La racine est primordiale parce qu’elle vit à l’intérieur de la Terre Mère », souffle Tanoné. Cette Terre Mère tant respectée par cette communauté indigène est aujourd’hui de plus en plus menacée.

« Ceux qui n’ont pas de conscience spirituelle viennent et détruisent les arbres sans ressentir aucune peine, ils sont sans amour, sans respect. »

Ivanicé Tanoné

Ces dernières décennies, les politiques d’urbanisation intensives menées par le gouvernement brésilien ont contribué à épuiser les sols et les nappes phréatiques. Elles ont surtout réduit d’année en année les territoires de la tribu.  « Il ne nous reste plus qu’un village de 40 hectares et 100 hectares de forêts. Il y a 30 ans, cette superficie était deux fois plus grande », regrette la cheffe des Kariri-Xoco.

Elle ne cache pas son inquiétude depuis l’arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro. Le leader d’extrême droite a clairement déclaré son mépris pour les indigènes qu’ils souhaitent voir devenir « des Brésiliens comme les autres ». À ses yeux, la préservation des droits, des rites et de la culture des peuples autochtones représente un frein au développement. Il souhaite la fin des zones de démarcation des terres indigènes au bénéfice des exploitants miniers et des entreprises de l’agrobusiness.

Une gardienne de la Terre

« J’ai de l’amour pour ma culture et toutes les autres cultures que je trouve belles. Je les respecte toutes de la même manière », lance-t-elle. Tanoné, grand-mère de vingt petits-enfants, s’inquiète pour l’avenir de ses traditions. La transmission des savoirs ancestraux à la jeunesse est pour elle essentielle. Si les cultures indigènes disparaissent, c’est un savoir précieux qui disparaîtra avec elles.

« Beaucoup de personnes sont aveugles et ne voient pas notre intelligence. Une intelligence qui vient du cœur. Si on détruit nos forêts, on détruit l’humanité. » En 2015, un mouvement international pacifiste, l’Alliance des gardiens de Mère Nature est née pour proposer des solutions à travers la déclaration des droits de la planète et des peuples autochtones, pour répondre aux menaces qui pèsent sur l’environnement. Mais seront-ils entendus ?

Retrouvez son témoignage lors de cette Up Conférences, organisée en avril 2019 au Hasard Ludique, à Paris.

Vous souhaitez en savoir plus sur l’histoire d’Ivanicé Tanoné et son combat pour protéger la nature ? N’hésitez pas à vous commander le numéro 24 d’Up le Mag disponible sur notre boutique en ligne.


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