•  
  •  
  •  
  •  
  •  

EXTRAIT DU MAG – Quelques musées à travers le monde partagent des œuvres, en licence libre, sur Internet. En France, le musée de Bretagne est le plus avancé sur ce sujet.  

La numérisation permet aux musées de répertorier et de préserver leurs œuvres, mais aussi de les rendre visibles au plus grand nombre sur Internet. Certains ont choisi de mettre en ligne leurs fonds avec une licence creative commons (CC). Le Metropolitan Museum of Art (le Met), de New York, a ainsi “libéré”, 375 000 œuvres numérisées issues du domaine public, sur une plateforme.

Avant lui, le Rijksmuseum d’Amsterdam ou encore la National Gallery de Washington ont également partagé de nombreuses œuvres sous licence creative commons sur leurs sites. À l’automne 2018, l’Art Institute of Chicago a lui mis en ligne plus de 40 000 images d’œuvres tombées dans le domaine public, en licence CC.

Ces licences ont été créées au début des années 2000 par des juristes et informaticiens défenseurs de l’internet libre. Elles permettent à chacun de s’approprier les œuvres, favorisant le partage et la créativité. La licence CC0, la plus libre, autorise toute personne à réutiliser et modifier librement une œuvre, dans le but de son choix, même commercial.  

La France, en revanche, est plutôt à la traîne sur le sujet. Il y a bien le site Images d’Art, lancé en 2015, avec 500 000 œuvres des principaux musées nationaux. Mais les images y sont téléchargeables gratuitement pour des usages non commerciaux uniquement, en basse définition.

Se réapproprier ce qui est à tous

Le musée de Bretagne et écomusée du Pays de Rennes fait figure de pionnier avec son portail, lancé fin 2017. Sur ce site, plus de 201 000 œuvres sont aujourd’hui accessibles en ligne, en haute définition, en licence creative commons, et d’autres sont en cours de numérisation. « Nous devons cela à la volonté de la directrice du musée, Céline Chanas, de rendre la collection plus accessible.

“Sur un fonds d’entre 600 000 et 700 000 objets, seuls 2 300 sont exposés en permanence dans le musée. Internet permet de rendre le reste visible », explique Fabienne Martin-Adam, du Pôle Collections Musée de Bretagne.

L’intérêt du public

La plateforme offre un véritable voyage dans le temps : on peut y voir de vieilles photos, de vieux journaux, des photos d’objets, des vieilles cartes postales ou encore des affiches publicitaires de Bretagne. « Le but est de revitaliser un patrimoine qui appartient à tous », explique Fabienne Martin-Adam.

Sur les 15 derniers moins, 36 000 visiteurs ont consulté le site, avec un temps moyen de connexion de 8 minutes, signe d’un intérêt du public. Des compagnies de théâtre ou encore des collectifs d’artistes ont utilisées des images issues de ce fonds dans différents projets.

Autre intérêt de ce partage : sur les images qui ne sont pas identifiées, il est proposé aux internautes de préciser s’ils reconnaissent un lieu, une personne ou un objet. Un système qui a déjà permis de lever quelques mystères.

Cet article est issu du magazine UP n°24 et son dossier “Océans, le grand blues”, à retrouver sur notre boutique.


  •  
  •  
  •  
  •  
  •