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EN LIBRAIRIE – Après avoir lancé un appel pour sauver la planète avec 200 personnalités l’année dernière, l’astrophysicien Aurélien Barrau vient de publier Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité. Dans cet ouvrage, il explique qu’une révolution en profondeur est nécessaire pour faire face aux inévitables crises à venir.

Ne pas considérer l’écologie comme une priorité majeure de ce temps relève du crime contre l’avenir“, écrit l’auteur dans ce livre qui n’a pas l’intention d’être anxiogène, mais bien de partager un constat scientifique. La sixième extinction de masse est en cours. En 40 ans, 60 % des espèces vertébrées ont disparu. Fonte des glaciers, déforestation, pollution plastique dans l’océan, incendies violents… L’activité humaine pèse lourdement sur le vivant. Des milliers de scientifiques ont beau publier des études toutes plus alarmantes les unes que les autres, leurs cris d’alerte semblent se heurter au vide. Pour Aurélien Barrau, il ne s’agit plus de convaincre du dérèglement du climat, mais d’agir pour limiter l’impact de ses conséquences sur la biodiversité planétaire. “Des réactions en chaînes incontrôlées vont prendre naissance et faire s’effondrer l’équilibre précaire du fonctionnement planétaire“, estime-t-il.

La déconsommation, une solution raisonnable

Comment agir ? Pour ralentir la production des déchets, la diminution de la consommation est un début pour éviter le “crash du système planète Terre“. Limiter ses déplacements en avion, mieux isoler son logement, consommer moins, voire plus du tout de viande dont la production est très énergivore. Autant de pistes individuelles qui peuvent avoir un impact.

Pour Aurélien Barrau, la fin du gaspillage doit être une mesure de bon sens, à l’heure où le jour du dépassement des ressources arrive de plus en plus tôt. Certes, il explique que “se passer de pailles en plastique et de Cotons-Tiges ne suffira pas“. Le malaise est beaucoup plus profond. Le modèle de la croissance consumériste doit être pour lui abandonné au profit de la seule solution raisonnable : le partage et la décroissance. “On ne peut plus laisser l’avenir du monde aux lobbies du pétrole et aux grands groupes financiers“, écrit-il.

Changer notre rapport au monde

Et si sauver la planète commençait aussi par changer notre rapport avec elle. L’être humain s’est placé au centre du vivant, et a causé d’énormes dégâts en peu de temps. L’astrophysicien, qui cherche à percer les mystères de l’univers au quotidien, aime rappeler que nos mondes se sont bâtis sur des symboles. “Le faste décomplexé, la richesse obscène, l’égocentrisme prédateur, la figure du mâle possédant fier de son insouciance sont immensément ringards aujourd’hui. Si les symboles changent. Les attitudes changeront.

Comment sortir d’un catastrophisme désabusé ? En osant un autre rapport à la nature et au monde. Tout est à réinventer. Le chaos apparent est peut-être une formidable opportunité, suggère l’astrophysicien. “N’ayons pas peur d’une véritable révolution, rien ne serait plus irrationnel et suicidaire que la poursuite à l’identique d’un être-au-monde, qui, manifestement, nie le monde.”

Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité, Aurélien Barrau, Editions Michel Lafon, 8 euros.

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