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Roland-Garros a ouvert ses portes lundi dernier pour une semaine de matchs de qualification. Avant le début du premier tour, dimanche 26 mai, Up fait le point sur les engagements “vert” de l’un des quatre tournois majeurs du circuit pro.

Novak Djokovic, acteur ? L’an dernier, le numéro 1 mondial, connu pour son talent d’imitation de ses grands rivaux, a accepté de se… la jouer comédien. Dans un petit clip, tourné pour le tournoi Roland-Garros, le Serbe fait mine d’être interrogé par un journaliste quand, soudain, il interrompt la conversation pour sermonner un spectateur n’ayant pas jeté une bouteille dans la bonne poubelle. Cette vidéo a été tournée dans le but de sensibiliser le public au tri des ordures, durant la quinzaine.

RG a signé en 2014 une “charte de 15 engagements écoresponsables des organisateurs d’évènements sportifs en France” avec le ministère des Sports et le WWF. Et il s’est notamment engagé, d’ici 2020, à recycler ou à valoriser plus de 60 % des déchets produits lors de la compétition.

L’an dernier, le grand chelem n’y était pas encore. « Près de 45 % des déchets ont été recyclés lors de l’édition 2018. Ce n’est déjà pas mal, mais on peut mieux faire », glisse-t-on à la Fédération française de tennis (FFT), l’organisateur du Grand chelem.

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Valorisation des déchets

Cette année encore, le tournoi, certifié écoresponsable depuis 2014 (norme ISO 20121), a embauché une quarantaine de jeunes, tout de vert vêtus. But de l’opération : qu’ils aillent à la rencontre des spectateurs pour les sensibiliser sur les déchets, par exemple les mégots de cigarettes, censés être ramassés à part, afin de les accompagner si besoin, répondre à des questions et leur présenter les actions écoresponsables effectuées par les Internationaux de France. En particulier sur la valorisation des déchets.

En 2018, 45 tonnes de biodéchets ont été compostées, soit 20 fois plus qu’il y a 5 ans. Et la FFT espère faire encore mieux cette année. Le marc de café sera aussi récupéré, promet au passage l’organisateur du grand chelem…

Et qu’en est-il des balles de tennis ? Sacrée problématique quand on sait qu’elles sont régulièrement changées en cours de match et que 70 000 balles sont utilisées lors des quinze jours de tournoi. Une bonne partie d’entre elles terminent hélas leur course dans la nature, d’où l’opération « Balle jaune », lancée en 2008 par la FFT pour en récupérer le plus possible.

Transports propres

Après Roland, « certaines sont revendues aux visiteurs, d’autres sont données à la SPA, à des écoles primaires ou à des clubs de tennis qui peuvent en demander, pour jouer au tennis, ou pas », précise Marie-Christine Peltre, vice-présidente bénévole à la fédération en charge de la RSE. Sans oublier les balles… transformées : 50 000 balles de tennis broyées peuvent se transformer en environ 1 tonne de granulat, qui permet de fabriquer 100 m2 de tapis ou de revêtement.

Le tournoi, sponsorisé notamment par la marque Perrier, proposera aux visiteurs, pour limiter le nombre de déchets jetables, davantage de gobelets écoresponsables, réutilisables et consignables.

Le tournoi se veut « vert ». Via la “charte d’engagements écoresponsables des organisateurs d’évènements sportifs en France”, le tournoi s’est engagé à ce que 80 % des déplacements (soient) effectués en mobilité active (marche à pied, vélo, rollers, trottinette…), en transports collectifs ou en covoiturage ». Le tournoi, qui a bien conscience de l’”impact négatif engendré par les voyages – en avion – des joueurs et leur staff du monde entier“, espère encourager les spectateurs, en tout cas, à laisser leur voiture individuelle à la maison et à faire appel à du covoiturage via un site dédié (en partenariat avec Blablacar et Blablalines notamment). Et selon la FFT, “72 % du public s’est rendu, en 2018, sur le site, porte d’Auteuil, en “transport propre“.

Un stade et des serres

Cette année, le tournoi revient, outre la modernisation en cours du Philippe-Chatrier, le court central qui aura droit, l’an prochain, à un toit rétractable, avec un nouveau stade. Baptisé Simonne-Mathieu, il peut accueillir 5 000 places, il est semi-enterré et a été construit au fond du jardin des serres d’Auteuil. Roland-Garros qui passe ainsi de 8,5 à 12,5 hectares.

Cela avait suscité l’ire des opposants au projet d’agrandissement (des riverains et des écologistes) et avait conduit à plus de cinq ans de bataille judiciaire. La dernière décision de justice, favorable à Roland-Garros, a été rendue l’an dernier.

Tout autour de la nouvelle enceinte, portant le nom d’une résistante et championne de tennis dans les années 30, ont été conçues quatre serres avec, à l’intérieur, 500 espèces végétales provenant de tous les continents, dont des plantes rares. Un écrin de verdure que les visiteurs pourront visiter après le tournoi, sept jours sur sept, gratuitement. Et une manière de répondre aux détracteurs ?

Marie-Christine Peltre, à la fédération, fait non de la tête: « On voulait concevoir le plus beau stade du monde et faire en sorte qu’il s’intègre bien dans son environnement », réplique-t-elle, ajoutant : « Les nouvelles serres ont été installées dans une zone de déchets et des serres en plastique. »

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