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Cet article a été publié initialement sur Pop’Sciences Mag.

Rapport à la voiture, standards de sécurité, infrastructures… L’avènement du véhicule autonome ne va pas seulement transformer nos modes de transport, il va aussi modifier en profondeur notre société. Pour anticiper cette mutation de la mobilité, des chercheurs et des industriels lyonnais ont créé Transpolis, une ville laboratoire unique en Europe. Un exemple d’une approche pluridisciplinaire réussie.

Le défi de la voiture autonome

Le véhicule autonome est certainement le domaine d’application le plus spectaculaire de l’intelligence artificielle (IA). Il fait l’objet d’investissements colossaux de la part des constructeurs automobiles, des équipementiers, mais aussi des géants du numériques (GAFA) et de nouveaux entrants comme Tesla (véhicules électriques) ou Uber (VTC). L’enjeu est énorme. Sachant que le logiciel représentera bientôt plus de la moitié des coûts de développement d’un véhicule, une nouvelle donne est possible. La compétition internationale fait donc rage entre industriels de l’automobile et start-ups. Dans le livre blanc qu’il vient de publier sur le sujet, l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria) souligne pourtant qu’à ce jour aucun acteur ne maîtrise toutes les composantes du dossier, qu’elles soient scientifiques, technologiques, industrielles ou économiques. L’heure est donc aussi aux alliances industrielles et à la coopération.

Cette coopération passe par la création de pôles de recherche et développement rassemblant chercheurs, industriels et territoires. C’est ainsi qu’est né Transpolis, plateforme d’expérimentation de 80ha située aux portes de Lyon. Elle va permettre de tester des solutions de mobilité innovantes, dont bien sûr la voiture autonome, dans un environnement urbain à l’échelle réelle.

En France, une approche progressive basée sur la sécurité

Après avoir manqué plusieurs coches technologiques, la France entend bien être cette fois à la pointe de la révolution introduite par la voiture autonome. Elle vient pour cela de se doter d’une stratégie nationale volontariste, fruit d’une mission d’étude menée par l’ancienne ministre Anne-Marie Idrac. L’enjeu est de définir un « cadre sécurisé » permettant aux différents acteurs de mener plus facilement leurs expérimentations. Cela va se traduire par une évolution du cadre législatif et réglementaire, mais aussi par l’intégration de sujets comme la cybersécurité, le traitement des données, la cartographie ou la connexion avec les infrastructures…

Contrairement à la Chine ou aux États-Unis, la France a fait le choix d’une approche progressive, basée sur la sécurité. Pour Anne-Marie Idrac, l’acceptabilité du véhicule autonome est fondamentale pour que la technologie se développe. Cela suppose de prendre en compte la sécurité, mais aussi l’adéquation aux usages, les impacts sur les mobilités et les conséquences en matière d’emploi et d’environnement.

Le calendrier de développement de la voiture autonome en France

stratégie nationale developpement vehicules autonomes - 2018
Stratégie nationale développement véhicules autonomes – 2018

L’un des objectifs inscrits dans le rapport est de permettre, d’ici à 2020-2022, la circulation de véhicules individuels autonomes de niveau 3 et de niveau 4 (lire l’encadré). Le calendrier est serré, mais il semble en ligne avec celui des constructeurs français (PSA, Renault-Nissan). Dans son livre blanc, l’Inria pointe toutefois les nombreux défis technologiques et scientifiques qui restent à relever : ceux liés à la navigation autonome en elle-même, ceux qui concernent la sûreté de fonctionnement et ceux qui touchent à l’intégration des véhicules autonomes dans leur environnement. Il n’oublie pas de mentionner l’impact sociétal, légal et éthique de la voiture autonome.

Les six niveaux d’autonomie d’un véhicule
@Université de Lyon

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